Le Ritz Paris met le chocolat à l’épreuve de ses signes

by PASCAL IAKOVOU
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Le Comptoir du Ritz Paris élargit son vocabulaire gourmand avec une première collection permanente de chocolats. L’intérêt n’est pas tant l’abondance de références que la manière dont la Maison transpose ses signes — blason, Madeleine, groom — dans des formes comestibles très codifiées.

Le nouveau répertoire se compose de plusieurs familles plutôt que d’une Pièce unique. Les bonbons de chocolat existent en noir et lait praliné noisette, ainsi qu’en chocolat blanc praliné coco. Leur surface reprend la lettre du Ritz Paris, tandis que les oursons guimauve prolongent le motif du groom déjà associé au Comptoir. Six oursons, enrobés de chocolat noir ou au lait, sont proposés en coffret de quatre-vingt-quatre grammes.

Les barres sont plus intéressantes du point de vue de la construction. La version au chocolat au lait associe ganache caramel, coulis de caramel et fleur de sel ; celle au chocolat noir combine praliné noisette et caramel. Chaque barre pèse cinquante-cinq grammes. Les tablettes, de cent soixante-dix grammes, reprennent un cœur de praliné noisette sous un relief de Madeleine, autre signe du répertoire Ritz Paris Le Comptoir.

La Pièce la plus démonstrative reste le Camée. Son moulage reprend le blason du Ritz Paris ; l’enrobage de chocolat noir enferme un praliné amande ponctué d’éclats d’amandes caramélisées. Avec cent quatre-vingts grammes, il est aussi l’un des formats les plus importants de la collection. La gamme est complétée par une pâte à tartiner chocolat-noisette de deux cent vingt grammes.

La structure tarifaire confirme une volonté de faire du chocolat une extension accessible, mais très contrôlée, de l’univers du Palace : vingt euros pour dix lingots, trente-deux euros pour vingt, dix-huit euros pour six oursons, vingt-cinq euros la tablette, seize euros la barre, quarante-neuf euros le Camée et vingt-quatre euros cinquante la pâte à tartiner. L’ensemble est disponible toute l’année dans les deux adresses du Comptoir, rue Cambon et rue de Sèvres.

Ce qui se joue ici dépasse donc la simple diversification pâtissière. Le Ritz Paris transforme progressivement ses signes visuels en objets reproductibles — Madeleine, groom, blason — capables de circuler hors de l’hôtel. Reste à voir jusqu’où cette grammaire pourra s’étendre sans perdre la précision qui fait aujourd’hui la différence entre souvenir de Palace et véritable objet de goût.

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