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Monte-Carlo Beach, la saison où la Riviera retrouve son rythme de club

by pascal iakovou
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Il y a des lieux qui ne rouvrent pas seulement des portes. Ils reprennent un tempo. Le Monte-Carlo Beach revient le 13 avril 2026 après sa trêve hivernale, avec ses 41 chambres ouvertes sur la Méditerranée, son club balnéaire, sa piscine olympique, ses tables de saison et cette manière très monégasque de faire cohabiter le sport, la gastronomie et la sociabilité sans les séparer. À quelques années de son centenaire, l’adresse rappelle qu’avant d’être un hôtel, elle fut d’abord un club : un lieu d’usage, de retrouvailles, de mer, de jeu, de déjeuner tardif et de conversations qui s’étirent.

Ouvert en 1929, le Monte-Carlo Beach appartient à cette géographie particulière de la Riviera où l’architecture, la lumière et la vie sociale composent une forme de diplomatie douce. Ici, l’art de vivre n’est pas seulement décoratif. Il organise l’espace. On nage, on bronze, on joue au padel, on traverse la baie depuis le Port Hercule en navette, on déjeune face à l’eau. Le luxe, dans ce contexte, tient moins à la démonstration qu’à la fluidité du passage entre les usages.

La saison 2026 s’inscrit dans une dynamique amorcée ces deux dernières années. En 2025, le Beach Club avait déjà connu une évolution visible, avec un décor signé Dorothée Delaye, la montée en gamme du Deck, l’arrivée de Maona Monte-Carlo, From Mykonos to Monte-Carlo, l’intervention de Jacquemus, l’ouverture de terrains de padel et l’étoile obtenue par Elsa, aujourd’hui Elsa Marcel Ravin*. Cette année, le mouvement se poursuit avec La Vigie Zanoni Monte-Carlo, attendue le 12 juin au bout de la presqu’île, et la « cool room » Lamborghini Monaco, détail révélateur d’un lieu qui sait parler aux habitués sans renoncer à l’époque.  

La Vigie Zanoni Monte-Carlo est l’ajout le plus lisible de la saison. Simone Zanoni y installe une cuisine italienne de bord de mer, construite autour de produits frais et de saison, de pâtes, d’entrées à partager, de viandes et de poissons. Le communiqué évoque un décor de citrons et d’abeilles, avec de petits pots de miel posés sur les tables pour accompagner certains plats. Le détail pourrait sembler anecdotique ; il dit pourtant beaucoup. La Riviera s’est souvent écrite dans le registre du soleil, mais les lieux qui durent sont ceux qui donnent une grammaire au soleil. Ici, l’Italie n’est pas une citation touristique : elle devient une cadence, une table ouverte au déjeuner comme au dîner, dans une ambiance conviviale et musicale.

À l’autre extrémité du spectre, Elsa Marcel Ravin* poursuit une voie plus engagée. Le restaurant, distingué d’une étoile au Guide Michelin 2026, est présenté par le guide comme une table une étoile du Guide France, tandis que Monte-Carlo Société des Bains de Mer décrit l’adresse comme un « jardin marin » où l’univers de Marcel Ravin dialogue avec la Méditerranée.   La formule n’est pas neutre. Ravin, chef né en Martinique et également à la tête du Blue Bay Marcel Ravin, travaille depuis longtemps la relation entre mémoire insulaire, culture maritime et produits du vivant. Chez Elsa Marcel Ravin*, cette sensibilité prend une forme plus balnéaire : poissons issus de pêche durable, végétaux du Domaine d’Agerbol à Roquebrune-Cap-Martin, cuisine attentive au bien-être animal. La mer n’est pas un décor. Elle devient un principe de composition.

Le Deck, lui, reprend son rôle de table solaire du club. Installé devant la piscine olympique et son plongeoir, dans le décor imaginé par Dorothée Delaye, il revient avec la cuisine de Pascal Garrigues : spaghetti aux langoustes flambées au cognac, spaghetti di Gragnano à l’oursin et à la poutargue, banc d’écailler, poissons, fruits de mer, salades et desserts d’été. Le Deck incarne cette tradition du déjeuner de club que la Riviera a perfectionnée : une cuisine qui doit rester lisible, précise, rapide dans son service, mais jamais expédiée dans son intention.

Maona Monte-Carlo, From Mykonos to Monte-Carlo, revient dès le 14 mai pour une deuxième saison. Le principe assume sa dimension festive : cuisine grecque signée Matia Zanolli, tzatzikis, moussaka, souvlakis de selle d’agneau, loukoumades, baklavas, cocktails construits autour d’accords plus ludiques, puis montée progressive de l’ambiance à partir de 16 heures avec une programmation de DJs. Le choix de Carlita, Moojo ou Demaya situe clairement l’adresse dans une Riviera de l’après-midi prolongé, celle où le déjeuner se transforme sans rupture en scène musicale. Dès juin, l’espace lounge adoptera un habillage signé APM Monaco. Là encore, le Monte-Carlo Beach travaille moins par rupture que par addition de scènes.

Cette saison s’organise aussi autour d’une série de dates très précises, qui donnent au lieu sa mécanique estivale. Le Beach Club, le padel, le fitness et le Bar Piscine ouvrent du 13 avril au 11 octobre 2026. Le Deck sera ouvert du 13 avril au 27 septembre, sept jours sur sept au déjeuner. Elsa Marcel Ravin* ouvrira du 15 avril au 27 septembre, du mardi au samedi, midi et soir. Maona Monte-Carlo sera accessible du 14 mai au 27 septembre, avec deux services au déjeuner. La Vigie Zanoni Monte-Carlo fonctionnera du 12 juin au 13 septembre, midi et soir, tous les jours. La base nautique ouvrira le 1er mai, tandis que le Kids Club by Petit VIP accompagnera les week-ends de printemps avant une ouverture quotidienne du 29 juin au 30 août.  

La cohérence du Monte-Carlo Beach tient précisément à cette articulation : un hôtel intime de 41 pièces, un club, plusieurs tables, des usages sportifs, une liaison maritime avec le Port Hercule, une programmation qui accepte la fête sans transformer le lieu en décor bruyant. Monte-Carlo Société des Bains de Mer rappelle par ailleurs que son resort est engagé depuis 2007 dans une politique de transition énergétique, de gestion des ressources, des déchets, de gastronomie locale et de préservation du patrimoine naturel ; un axe désormais central dans la manière dont les grands groupes d’hospitalité doivent justifier leur rapport au territoire.  

Ce qui se joue au Monte-Carlo Beach en 2026 n’est donc pas seulement une nouvelle saison. C’est une manière de réaffirmer le club balnéaire comme forme culturelle. Un lieu assez ancien pour avoir une mémoire, assez souple pour accueillir Simone Zanoni, Marcel Ravin, Maona, le padel, la mer et le déjeuner grec dans une même phrase. À la Riviera, les adresses qui comptent ne sont pas celles qui changent tout. Ce sont celles qui savent quoi garder.

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