Huit ruches. Des centaines de milliers d’abeilles. Et un miel aux notes salines et boisées que l’on ne goûtera que lors de périodes limitées. Ce n’est pas un gadget de communication verte — c’est une philosophie de l’hôtellerie.
Dans les mangroves de l’Océan Indien
Le Four Seasons Resort Mauritius at Anahita s’étend sur plus de 10 hectares en bordure du lagon, au cœur d’une mangrove que la propriété protège depuis son ouverture. À l’issue d’une rénovation de huit mois, le resort inaugure une installation apicole en partenariat avec un apiculteur local. Huit ruches d’Apis mellifera — des abeilles domestiques non venimeuses — ont été implantées dans cet environnement naturel protégé. Le choix de la mangrove n’est pas symbolique : c’est là que la pollinisation a le plus d’impact sur la régénération des forêts côtières et la préservation de la faune marine.
Ce que l’écologie fait à l’expérience
Rick Bonnier, responsable de l’environnement marin du resort, formule la chose clairement : « Les mangroves comptent parmi nos écosystèmes les plus précieux. En y introduisant des pollinisateurs, nous renforçons un cycle naturel indispensable à la vie, tant sur terre que sous l’eau. » Ce qui est intéressant dans ce projet, c’est qu’il ne reste pas à l’état de déclaration d’intention. Il se matérialise dans l’assiette des clients — miel brut, 100 % organique, récolté deux à trois fois par an, servi au petit-déjeuner sur des pancakes maison, dans des thés artisanaux, avec des yaourts frais. Le programme de durabilité devient, littéralement, une expérience gustative.
Le kayak comme outil de sensibilisation
La démarche va plus loin que la table. Des excursions en kayak permettent aux hôtes de traverser les mangroves et d’observer les ruches dans leur habitat naturel. Une seconde phase prévoit l’installation de dix ruches supplémentaires, portant à terme la population apicole à près d’un million d’abeilles. Le resort deviendrait ainsi un sanctuaire dédié aux abeilles de mangrove à l’échelle de l’île Maurice.
Ce projet s’inscrit dans le programme global « Four Seasons for Good », qui finance également une pépinière d’herbiers marins en partenariat avec la Fondation Odysseo et un programme de conservation des hippocampes. Ce que le Four Seasons Mauritius est en train de construire, discrètement, ressemble à un modèle : celui d’un hôtel qui fait de son environnement naturel non pas un décor, mais un partenaire. Le miel est le signe visible de quelque chose de plus profond — la conviction que le luxe du XXIe siècle ne peut pas se payer au prix de ce qui l’entoure.







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