Home Food and WineGastronomiePierre Hermé, collection “Ludique” : le chocolat comme terrain de jeu maîtrisé

Pierre Hermé, collection “Ludique” : le chocolat comme terrain de jeu maîtrisé

by pascal iakovou
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À Pâques 2026, la Maison Pierre Hermé Paris ne se contente pas de mouler des œufs. Elle installe un plateau. Fléchettes, solitaire, jeu de dames, puzzle, cavalier d’échecs : la collection “Ludique – L’Équilibre du Jeu” transpose les codes du divertissement dans la matière chocolat, explorant l’idée d’équilibre entre hasard et stratégie .

Disponible à partir du 5 mars 2026 en boutiques et sur pierreherme.com , l’ensemble se déploie comme un vocabulaire formel. Le jeu de fléchettes, “Dans le Mille”, prend la forme d’un disque de seize centimètres, en chocolat au lait ou blond caramélisé à la fleur de sel, pour un poids de deux cent cinquante grammes . Le solitaire, décliné en chocolat au lait et noir, adopte un diamètre identique mais un poids de deux cent quatre-vingts grammes . Le jeu de dames, plus massif, atteint cinq cent vingt grammes pour vingt centimètres, intégrant un praliné amande “Infiniment” comme axe gustatif .

Le puzzle, en deux pièces, pousse l’exercice plus loin : huit cent soixante-dix-huit grammes de chocolat au lait et noir, parois garnies de praliné amande . Ici, la dimension n’est pas décorative mais structurelle. Le chocolat devient surface à assembler, tension entre convexité et jointure. Quant au cavalier, proposé en plusieurs formats — cent soixante-dix grammes (quatorze centimètres) ou trois cent trente grammes (dix-huit centimètres) — il décline chocolat noir, lait et blond caramélisé . Le geste est épuré, presque sculptural.

La pièce signature, “Dialogue des Formes”, franchit un seuil conceptuel. Inspirée de l’œuvre Mini Puzzle Stone du sculpteur américain Christopher Curtis, elle transpose un volume minéral en chocolat noir Pure Origine Bélize et chocolat au lait, posé sur un socle de praliné noisette . L’ensemble atteint 3,8 kilogrammes pour vingt-sept centimètres . Le socle, pensé comme une table de jeu, dissimule des tiroirs contenant pièces d’échecs, dominos, puzzle à croquer, tablette fourrée et dés non comestibles . Le chocolat n’est plus seulement à casser ; il devient dispositif.

Plus spectaculaire encore, la pièce d’exception “Pur Hasard” transforme la machine attrape-peluches en structure de chocolat de 6,5 kilogrammes et quarante-cinq centimètres de hauteur . Chocolat noir Pure Origine Bélize, lait, blond caramélisé, praliné noisette et mendiants composent ce mécanisme comestible édité à deux exemplaires . La nostalgie foraine se traduit ici en architecture sucrée.

En parallèle, la collection irrigue pâtisseries et viennoiseries. “Aura” associe pâte sablée amande-coco, biscuit moelleux coco, gelée de fraise, crème mascarpone citronnelle et coco . “Plénitude” rééquilibre l’accord chocolat-caramel en retravaillant les proportions de la création Fetish . La colombe Infiniment Chocolat marie pâte briochée au levain, éclats de chocolat noir Pure Origine Venezuela Grand Cru Araguani et orange confite , tandis que la version Ispahan convoque rose, framboise et letchi .

Ludique, certes. Mais surtout méthodique. Chaque pièce indique poids, diamètre, origine des chocolats, nature des pralinés. La Maison, fondée en 1997 et forte de plus de cent points de vente dans une quinzaine de pays , poursuit ici son travail sur la texture et la précision des assemblages.

Derrière le thème du jeu, il y a une question plus sérieuse : comment traduire la règle, la stratégie et le hasard en goût et en volume ? Pierre Hermé répond par la maîtrise des matières premières — Bélize, Sao Tomé, Venezuela — et par une architecture comestible où chaque pièce, qu’elle soit à croquer ou à contempler, engage la main avant le palais.

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