Blone Haute Parfumerie arrive avec un vocabulaire simple mais défendable : le parfum comme état intérieur.
La Maison ne nomme pas ses créations, elle les numérote, comme si chaque fragrance devait rester une énigme.
Derrière l’effet de lancement, l’intérêt tient à cette tentative de lier olfaction, cinéma et identité.
Le 10 juin 2026, au Legacy Store Paris, Berite Labelle a présenté cinq fragrances de Blone Haute Parfumerie lors d’une soirée pensée comme une immersion. Mannequin, réalisatrice, entrepreneure et créatrice d’univers, elle signe ici une proposition qui relève moins de la parfumerie classique que d’une narration personnelle. Sa citation donne le ton : « Je ne crée pas des parfums pour suivre des tendances. Je crée des fragrances qui réveillent quelque chose chez les gens. Un souvenir. Une sensation. Une version d’eux-mêmes qu’ils n’osent pas toujours montrer. »
Le choix des numéros installe une distance utile. *396* travaille les agrumes, le poivre noir, le vétiver et le santal dans une lecture incandescentée. *528* associe rose, jacinthe, cassis et mirabelle, dans un registre floral-fruité. *639* combine fleurs blanches, pêche, vanille et agrumes. *741* construit un axe plus minéral, avec cardamome, bois précieux et accords marins. *852* se place sur un versant plus recueilli, entre encens, myrrhe, muscs, bois sacrés et épices.
La matière reste encore insuffisamment documentée pour parler de véritable architecture olfactive. Aucun parfumeur n’est nommé, les concentrations ne sont pas précisées, les fournisseurs de matières ne sont pas identifiés. Mais le projet possède un angle culturel : celui d’une parfumerie de niche qui emprunte au cinéma son goût du récit et à l’entrepreneuriat d’image sa capacité de mise en scène.
Dans un marché où beaucoup de Maisons naissantes surjouent l’émotion, Blone devra rapidement prouver la rigueur de ses formules. Le potentiel éditorial existe précisément dans cet entre-deux : une signature encore jeune, très incarnée, qui cherche à transformer le parfum en autoportrait abstrait. L’avenir dira si le code deviendra langage.






















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