La Maison Berluti poursuit la réduction de ses volumes avec la création d’une nouvelle pièce, pensée pour les déplacements contemporains. Entre l’héritage bottier et l’hommage à l’objet-livre , le cuir s’adapte à une nouvelle géométrie du mouvement.
De la cabine à la main
La genèse de la ligne s’inscrit dans une observation clinique des usages de la clientèle. Historiquement, le modèle Deux Jours fut conçu par Olga Berluti pour le Professeur Guy Chouinard, un psychiatre canadien et habitué du 26 rue Marbeuf, dont elle étudiait les gestes de préparation de bagages. De ce format de 48 heures a découlé le Un Jour , initiant une architecture de la réduction. Le modèle Un Jour de Poche prolonge cette logique d’atelier : un format compact pensé pour conserver les éléments usuels à portée de main, tout en préservant la structure visuelle de ses prédécesseurs.
L’anatomie d’une reliure
La construction de l’objet emprunte ses proportions au format du livre de poche classique. La Maison délaisse la souplesse informelle pour une silhouette rectangulaire aux arêtes franches. Façonnée en cuir Venezia , la pièce présente une face avant structurée par une poche zippée fonctionnelle, ponctuée d’une tirette découpée en forme de feuille. Sur les déclinaisons Scritto, les lettrages typographiques sont embossés directement dans la matière, liant visuellement la pièce à la tradition de la manufacture.
Détail technique L’ingénierie intérieure repose sur des soufflets latéraux, maintenus par des fixations magnétiques. Une fois écartés, ils libèrent l’accès à deux rabats intérieurs dotés de poches plates. L’espace dissimule un porte-cartes amovible conçu dans le même cuir, calibré pour accueillir six cartes, éliminant de fait la nécessité d’un portefeuille indépendant.
La justesse du porté
La réflexion sur la modularité se traduit par une bandoulière amovible. Portée à l’épaule ou croisée, l’attache accompagne le vêtement. Dépourvue de sa sangle, la création se transforme en une pochette minimaliste qui se tient à la main, recréant la gestuelle de la lecture. Les patines de la saison printemps-été 2026 explorent six nuances, dont l’Atlantide (un noir traversé de reflets bleu nuit) et le Bleu Brume (un gris-bleu nuancé). Au-delà du simple contenant, cette approche marque une évolution de la silhouette de l’esthète moderne, où l’encombrement s’efface au profit d’une portabilité absolue.




