Home Horlogerie et JoaillerieHublot Big Bang Joyful Steel Purple, l’améthyste comme architecture de couleur

Hublot Big Bang Joyful Steel Purple, l’améthyste comme architecture de couleur

by pascal iakovou
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Chez Hublot, la couleur n’est jamais tout à fait décorative. Elle sert souvent de joint visible entre deux registres que l’horlogerie classique préfère garder séparés : la mécanique et l’effet, le matériau et le signe, le bracelet de caoutchouc et la pierre taillée. Présentée à Genève le 14 avril 2026, la Big Bang Joyful Steel Purple ajoute une variation violette à la collection Big Bang Joyful, aux côtés des versions Sky Blue, Apple Green, Pink et Orange. Le sujet n’est donc pas seulement chromatique. Il tient dans la manière dont une Maison née, en 1980, de l’alliance entre un boîtier en or et un bracelet en caoutchouc continue de faire de la collision des matières son vocabulaire.

La pièce mesure 33 mm de diamètre pour 10,55 mm d’épaisseur. Le boîtier associe acier inoxydable poli et satiné, verre saphir traité antireflet, fond en acier satiné et saphir, étanchéité à 100 mètres. Rien ici ne cherche la complication spectaculaire. La lecture reste directe : trois aiguilles, date, cadran blanc brillant, mouvement automatique HUB1120. Ce calibre compte 169 composants, dix-huit rubis, bat à 4 Hz, soit 28 800 alternances par heure, et offre environ 40 heures de réserve de marche. L’intérêt de cette Big Bang n’est pas dans la performance mécanique, mais dans le réglage d’un équilibre : rendre la couleur immédiatement lisible sans faire disparaître l’architecture de la montre.

La lunette en acier poli concentre cette tension. Elle est sertie de 36 améthystes, sélectionnées pour leur couleur, leur pureté et leur dimension, puis taillées, polies et serties une à une à la main. Les six vis en titane en forme de H, signature de la Big Bang, interrompent volontairement la continuité joaillière. Ce détail dit beaucoup de Hublot : la pierre n’efface pas l’assemblage, elle cohabite avec lui. L’améthyste ne vient pas adoucir l’objet ; elle lui donne un rythme.

Le bracelet poursuit cette logique de fusion contrôlée. La montre est livrée avec deux bracelets : un caoutchouc structuré et ligné blanc avec insert central violet, puis un second bracelet en caoutchouc blanc ligné. Le système breveté One Click permet leur changement instantané. C’est un détail d’usage, mais aussi une indication sociologique : l’horlogerie contemporaine ne se contente plus de proposer un objet fermé ; elle organise des variations de port, des changements de contexte, presque une garde-robe de poignet.

La Big Bang, lancée en 2005, a reçu la distinction « Best Design » au Grand Prix d’Horlogerie de Genève la même année, épisode qui a installé Hublot dans une esthétique de rupture plus que de discrétion. En 2026, cette version Steel Purple en donne une lecture plus resserrée. Le diamètre de 33 mm, le cadran blanc, l’acier poli-satiné et la lunette sertie composent une pièce plus contenue qu’ostentatoire, même si Hublot ne deviendra jamais une Maison de retrait silencieux. Son langage reste celui de l’exposition des composants : vis visibles, matière technique, pierre assumée, bracelet caoutchouc.

Le lancement coïncide aussi avec la nouvelle garantie Hublot 5+5, applicable aux montres éligibles achetées depuis le 1er janvier 2026 : cinq ans de garantie internationale, prolongeables de cinq années supplémentaires via le programme Hublotista. Dans un marché où la désirabilité se mesure encore trop souvent à l’instant de lancement, cette extension replace discrètement la conversation sur la durée. Pour une Maison souvent associée à l’énergie du présent, ce n’est pas un détail anodin.

La Big Bang Joyful Steel Purple n’est pas une tentative de calmer Hublot. Elle en organise plutôt une version de plus petit diamètre, plus joaillière, plus immédiate, où l’améthyste sert de ponctuation plutôt que de prétexte. Un violet sous contrainte d’acier.

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