Home Horlogerie et JoailleriePequignet Royale Paris 36 mm Sertie : 78 diamants autour d’un argument français

Pequignet Royale Paris 36 mm Sertie : 78 diamants autour d’un argument français

by pascal iakovou
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En ajoutant une lunette sertie à sa Royale Paris, la manufacture franc-comtoise ne change pas de registre. Elle confirme une trajectoire — celle d’un horloger indépendant qui fabrique, vraiment, en France.

Il est plus simple de parler des 78 diamants. Ils occupent la lunette, pèsent 0,312 carat au total et constituent la seule variation visible d’une montre dont la morphologie est désormais stabilisée depuis la refonte de 2025. Le cadran bordeaux soleillé — le seul proposé avec cette variation — accentue le contraste entre la sobriété du boîtier acier 316L et le scintillement discret du périmètre. Chaque pierre est petite. L’effet est retenu. Ce n’est pas de la haute joaillerie : c’est du sertissage au service d’une ligne.

Mais le sujet réel de la Manufacture Pequignet n’a jamais été la lunette.

La géographie d’un mouvement

Le Calibre Initial®, qui anime cette Royale Paris 36 mm Sertie, est conçu, développé et assemblé à la main dans les ateliers de Morteau, au cœur du Jura. La ville est à soixante kilomètres de Besançon, capitale historique de l’horlogerie française — une industrie que le choc quartz des années 1970-80 a décimée et que quelques maisons tentent, avec des moyens inégaux, de reconstruire. Pequignet est l’une d’elles. Ses composants sont sourcés dans un rayon de 80 km ; 72 % proviennent de France. Ce chiffre mérite qu’on s’y arrête : dans un secteur où la notion de « manufacture » peut recouvrir des réalités très disparates, il indique une intégration verticale réelle, pas rhétorique.

Le mouvement lui-même est réglé sur six positions, avec une tolérance de -4 à +6 secondes par jour — standard exigeant pour un calibre de cette gamme de prix. La précision constatée au porté avoisine +/-2 secondes quotidiennes. La réserve de marche atteint 65 heures à 4 Hz (28 600 alternances/heure). La masse oscillante est ajourée, décorée d’un colimaçonnage et d’un lys en relief — visible à travers le fond saphir maintenu par six vis.

Encadré Détail — La glace « glass box »

La glace saphir bombée antireflet, dite « glass box », est une construction en coupe convexe qui amplifie optiquement la profondeur du cadran. La courbure, légère, crée un effet de loupe sur le centre du cadran soleillé, dont les rayons convergent vers l’axe des aiguilles. L’antireflet traité sur les deux faces réduit les interférences lumineuses qui, sur une surface bombée, seraient autrement multipliées. Ce type de glace exige une précision de forme plus élevée que le verre plat, et une monture adaptée pour éviter les contraintes mécaniques à l’assemblage.

Une indépendance à construire

Fondée en 1973 par Émile Péquignet, la maison n’est devenue manufacture qu’en 2010 — soit trente-sept ans après sa création, le temps de maîtriser la conception et la production de ses propres calibres. En 2021, elle rejoint Maisons & Manufactures, structure fondée par l’industriel Hugues Souparis pour soutenir les savoir-faire français. En 2024, le Calibre Royal® Tourbillon a élargi la gamme vers le haut de la complication mécanique.

La Royale Paris Sertie, disponible en édition permanente à partir de 4 900 €, ne s’adresse pas au marché de la haute joaillerie. Elle s’adresse à ceux pour qui la boîte de montre est d’abord une enveloppe — et ce qu’elle contient, l’essentiel.

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