Leonie Hanne prête son regard à trois montures Guess façon carte postale parisienne

by PASCAL IAKOVOU
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Trois montures, une seule silhouette de ville : Paris, choisie comme décor et comme muse d’une capsule de lunettes de soleil signée Guess Eyewear et Leonie Hanne. La personnalité allemande de la mode, connue pour une allure cosmopolite cultivée saison après saison, y prête ses traits à une collection pensée comme un vestiaire complet plutôt que comme un accessoire isolé.

L’exercice de la collaboration capsule est devenu un classique du secteur de l’eyewear, mais celle-ci se distingue par la manière dont elle construit son récit visuel : photographiée dans des cafés parisiens, au pied d’architectures monumentales, avec la silhouette de la tour Eiffel en arrière-plan récurrent, la campagne fait de la capitale française à la fois la scène et l’inspiration de la collection. Un choix qui, selon les mots de la marque, doit permettre à la sensibilité contemporaine de Leonie Hanne de rencontrer l’élégance affirmée que Guess revendique comme signature. Cette scénographie parisienne n’est pas qu’un décor de complaisance : elle sert un propos explicite de la marque, qui présente la ville comme une synthèse d’élégance et d’audace, de rigueur et de sensualité, des qualités que la campagne cherche à faire correspondre terme à terme avec les codes esthétiques de Guess.

La capsule se compose de trois modèles aux caractères clairement différenciés. Le GU00420 adopte une monture enveloppante au large front compact, affirmée par des branches sculptées qui dessinent une silhouette fluide. Le GU00418, à l’inverse, mise sur des angles nets et des branches fines et droites pour une allure plus graphique et affirmée. Le GU00419, enfin, revendique une inspiration rétro à travers une forme ovale et allongée, disponible en noir brillant ou dans une teinte bordeaux intense. Cette diversité de silhouettes, réunie sous une même palette dominée par le noir, le havane foncé et le bordeaux, cherche à répondre à des usages différents plutôt qu’à imposer un modèle unique.

Le choix de Leonie Hanne comme visage de cette collaboration n’a rien d’un hasard marketing isolé : entrepreneuse autant qu’influenceuse, elle incarne depuis plusieurs années une forme d’autorité stylistique reconnue dans l’univers de la mode digitale, une légitimité que la marque semble chercher à capter en lui confiant la co-création plutôt que la simple représentation des produits. La collection est distribuée exclusivement dans les boutiques Guess à partir du 21 septembre, un choix de canal qui limite volontairement sa diffusion plutôt que de la disperser sur l’ensemble des points de vente du groupe. Cette collaboration s’inscrit dans une stratégie plus large de la marque, qui multiplie depuis plusieurs saisons les capsules co-designées avec des figures de la mode digitale, cherchant ainsi à renouveler régulièrement son propos sans pour autant s’éloigner de ses codes visuels historiques, entre glamour affirmé et silhouettes graphiques.

Derrière cette capsule se trouve aussi la structure industrielle qui la rend possible : Guess Eyewear est en réalité produite sous licence par Marcolin, groupe italien fondé en 1961 et devenu l’un des grands acteurs mondiaux de la lunette, qui gère également les licences de marques comme Tom Ford ou Max Mara. Cette réalité industrielle, rarement mise en avant dans la communication grand public, rappelle que l’essentiel du secteur de l’eyewear de marque repose sur ce type d’accords de licence plutôt que sur une production intégrée par les maisons de mode elles-mêmes.

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