KIMHĒKIM change d’échelle pour son printemps-été 2027

by PASCAL IAKOVOU
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Pendant la Fashion Week de Paris, la Maison montre sa collection sur un défilé miniature, avec des poupées de bois habillées une à une par Kiminte. À cette taille, le vêtement se lit autrement.

Le fait tient en une phrase : Kiminte habille lui-même chaque poupée de bois, de ses propres mains. Le défilé est un podium réduit, et la collection existe d’abord à l’échelle d’un jouet. Le créateur rattache ce choix à un souvenir d’enfance : habiller des poupées Barbie, créer des vêtements pour elles, dessiner ainsi ses premières lignes. Après dix ans à la tête de KIMHĒKIM, il dit avoir voulu créer comme à cette époque, guidé par son imaginaire.

La collection, elle, est en noir et blanc. Le tailoring masculin s’y adoucit de drapés et de perles. L’utilitaire militaire reçoit des rubans et des fronces. Les formes viennent des archives de la Maison, réorganisées dans des structures de couture que le créateur décrit comme inattendues.

Voici le déplacement. Une poupée de bois n’a ni démarche ni souffle, et c’est un avantage pour qui veut voir une coupe. La silhouette se lit d’un seul regard, sans qu’un mouvement la masque, et le noir et blanc réduit la distraction à la ligne, aux fronces, au placement des perles. Pour une Maison qui revisite ses archives, c’est une façon de poser les formes côte à côte, comme sur une planche d’atelier. Un défilé où le créateur est aussi celui qui habille met enfin le geste au premier plan.

Il y a des limites, et le jugement les assume. À cette échelle, la chute d’un tissu ne se juge pas comme sur un corps : un drapé, une fronce, un ruban pèsent autrement. Les perles, qui adoucissent le tailoring masculin, n’ont ni le même poids ni la même tenue. Le dispositif montre très bien la ligne et dit moins bien la matière portée.

Le critère est donc le passage à l’échelle réelle. Un souvenir d’enfance rendu au jouet tient tant qu’il reste du côté du jeu. La collection se jugera sur les pièces en taille humaine : on verra si les drapés et les fronces gardent leur justesse quand ils doivent tomber sur un corps, et si les perles tiennent sur le tailoring sans l’alourdir.

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