La maison parisienne, pionnière de la parfumerie de niche depuis 1976, imagine avec Daphné Bugey une composition inspirée d’un jardin sous-marin resté hors d’atteinte de la lumière. Une exploration olfactive de l’obscurité, disponible dès le 1er septembre 2026.
Il y a une forme d’audace conceptuelle à construire un parfum autour d’un lieu où, par définition, le soleil ne pénètre jamais. C’est pourtant le pari d’Abyssae L’Extrait, nouvelle création de L’Artisan Parfumeur, qui imagine un jardin englouti, façonné non par la lumière mais par le temps, et en restitue la substance la plus concentrée dans un extrait signé par la parfumeuse Daphné Bugey.
La composition s’ouvre sur une résine d’eucalyptus dont la fraîcheur habituelle se fait ici plus dense, presque minérale, avant que l’encens n’en déploie les reliefs fumés. Une rose apparaît alors sous un jour inattendu, baumée et charnelle plutôt que fraîche et florale, signe que la composition cherche moins à respecter les codes classiques de ses matières premières qu’à les réinterpréter à travers le filtre de son concept immersif.
Le cypriol apporte ensuite sa texture sombre et terreuse, tandis que les santals enveloppent l’ensemble d’une douceur crémeuse, et que l’ambre gris referme la composition sur une lumière discrète, comme un dernier rayon parvenant à traverser la pénombre. Cette construction en strates, où chaque ingrédient prolonge et transforme le précédent plutôt que de simplement s’y superposer, s’inscrit dans la continuité du travail de composition que la maison développe depuis sa fondation en 1976, l’une des toutes premières à avoir défendu l’idée d’une parfumerie de niche narrative, construite autour de concepts plutôt que de simples accords.
Disponible depuis le 1er septembre 2026 au prix de 320 euros les 75 ml, Abyssae L’Extrait vient enrichir un catalogue qui a toujours cultivé le grand écart entre accessibilité de la distribution et exigence de la composition. Dans un marché de la parfumerie de niche de plus en plus saturé de propositions gourmandes ou éthérées, ce choix d’une obscurité mystérieuse et concentrée mérite d’être noté comme une prise de position esthétique à part entière.











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