Du ciel de 2025 aux pistils de 2026 : la quatrième collection Couture de Caroline Scheufele pour Caroline’s Couture ne change pas seulement de thème — elle change de méthode.
La collection présentée le 14 mai sur le rooftop de l’Hôtel Martinez, dans le cadre du 79e Festival de Cannes, marque un pivot formel assumé. L’année précédente explorait l’univers stellaire ; 2026 descend à l’échelle de la corolle, du reflet sur l’eau, de l’aile de libellule. Ce déplacement du regard — du macrocosmique au microscopique — n’est pas anecdotique : il réorganise l’intégralité de la chaîne technique.
Lorsque l’on travaille à cette échelle, la broderie main cesse d’être un ornement. Elle devient une contrainte structurante.
Du jardin à l’atelier
Caroline Scheufele, Co-Présidente et Directrice Créative de Chopard, a fondé l’intention de la collection sur une observation quotidienne — son propre jardin genevois — plutôt que sur une référence de mode ou une tendance de saison. Ce point de départ privé a une conséquence directe sur les choix de fabrication : les roses, lys et pivoines qui constituent la matière première du regard ne supportent pas les raccourcis de la mise en volume conventionnelle.
« Cette collection est mon ode au miracle de la nature et à la beauté que l’on trouve dans ses plus infimes détails — une fleur en pleine éclosion, le chatoiement de l’eau, la grâce délicate d’une libellule. Mon jardin a toujours été pour moi un lieu d’inspiration et de sérénité », dit Caroline Scheufele.
La dentelle guipure apporte volume et profondeur là où le tissu ordinaire s’effondrerait. Les découpes laser sur motifs botaniques permettent aux robes et jupes de se développer en volumes floraux denses tout en conservant la légèreté propre aux végétaux — une contradiction que seule la précision industrielle du laser, appliquée à des matières sélectionnées pour leur tenue, peut résoudre.
La palette chromatique obéit à la même logique de restitution fidèle : rouge vif, bordeaux terreux, spectre complet de roses. Les verts profonds sont construits en référence aux bleus du Lac Léman, ce qui situe la gamme du côté de l’observation de terrain plutôt que de la convention saisonnière.
La joaillerie comme extension du même geste
Les pièces de haute joaillerie de la collection Red Carpet, présentées conjointement, relèvent du même principe de traduction : un phénomène naturel fugace — la nuance d’un ciel, la silhouette d’un nuage, la fragilité d’une floraison — converti en pièce minérale par les ateliers de Maison Chopard. Le langage change ; la contrainte de restitution, elle, reste identique.
La présentation au Festival de Cannes constitue moins un lancement qu’un banc d’essai en conditions réelles : les pièces, pensées pour être portées sur des corps en mouvement sur un tapis rouge, y trouvent leur vérification finale.
La collection complète est visible à l’Hôtel Martinez à partir du 19 mai, sur rendez-vous. Le jardin de Genève a pris, pour quelques jours, un étage côté Méditerranée.
























