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JULIEN FOURNIÉ AW 18-19

by pascal iakovou 1 septembre 2018 0 comment

Premier Crime Automne-Hiver 2018/2019

En quête d’un style qui permet à celles qui l’adoptent d’exprimer au mieux leurs émotions, Julien Fournié signe son « Premier Crime » Haute Couture avec 33 looks à l’élégance strictement raffinée en s’inspirant des égéries des maîtres du suspense (Agatha Christie, Alfred Hitchcock, Paul Verhoeven). Mais comment un « profiler » analyserait-il les motivations de ce « serial killer » dont l’esthétique fait mouche ? D’abord, il constaterait les drapés sculptants, découvrirait les découpes, noterait les bustes ajustés au scalpel. Il enquêterait sur les secrets des manches qui galbent les bras, examinerait les tailles sanglées, les basques qui accompagnent le mouvement. Il consignerait les vertigineuses asymétries créées par les incrustations et les drapés en biais. Un fourreau tailladé par une découpe sur le côté de la poitrine l’intriguerait.L’arme favorite de Julien Fournié reste la coupe qui structure le vêtement et assure pudeur et allure. Les cuirs précieux (pécari pour l’ampleur, cuir de renne pour le toucher et la noblesse) se prêtent aussi bien aux robes qu’aux pantalons. Les croqueuses de diamants que le couturier français habille se permettent tout : par exemple, le total look panthère qui s’imprime sur le cuir dans une robe comme sur les accessoires assortis. C’est dans un maintien retrouvé que les inconditionnelles de Julien Fournié affrontent leurs propres enjeux avec des armes qui n’appartiennent qu’à elles. En les conduisant, à sublimer leurs pulsions dans une palette rubis ou bleu canard, qui fait ailleurs la part belle aux tons fauves, le couturier les entraîne dans une épure de mohair, de drap de soie, de mousseline qui ne souffre ni médiocrité, ni complaisance. A l’instar de l’incroyable robe noire hérissée de plumes qui ouvre le défilé, chaque pièce rend hommage au discret travail de la main de l’atelier maison et des artisans d’art. Ici, les broderies se font volontiers au fil pour dévorer les sequins, les brillances se recouvrent d’un voile, les jacquards suggèrent une collaboration particulièreavec les meilleurs tisseurs. Mais à quoi le couturier cherche-t-il à tordre le cou ? D’abord à la négligence de soi et d’autrui, affirment ses clientes, à l’impossible « vite fait, bien fait » confient ses collaborateurs, à l’insupportable tape-à-l’oeil, avouent ses amis. « Le suspense est comme une femme » disait Alfred Hitchcock.  » Plus il laisse d’espace à l’imagination, plus il attire. » Julien Fournié l’a bien compris.

 

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