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Les ambitions parisiennes de la mode coréenne

Où l’on retrouve encore et toujours Colette ! Le concept store était impliqué de très près dans le processus de sélection des cinq créateurs coréens invités au Tranoi lors du K-Fashion Project, une initiative très officielle du gouvernement coréen qui accompagne cinq talents de la mode coréenne et teste auprès des acheteurs leur potentiel d’expansion internationale. Précédée par le succès de la cosmétique, de la gastronomie et de la musique, la mode aspire à devenir également un succès d’exportation, avec une esthétique de plus en plus distinctive et distinguée par le public parisien.

Une première preview avait vu les vitrines de la rue Saint-Honoré se parer de 5 silhouettes cet été, mais c’est au Tranoi que le vrai défi a eu lieu, auprès des acheteurs et de la réception critique d’un défilé réunissant une cinquantaine de modèles. La curation du K-Fashion Project surprend agréablement en proposant des créateurs hyper représentatifs de la Fashion Week de Séoul, dominée par la jeunesse, le streetwear et la célérité des tendances, dopées par les stars de la Kpop, des marques confirmées internationalement et des enseignes plus récentes.

Ko Tae-yong, star des podiums séoulite avec sa marque Beyond Closet n’hésite pas à afficher son envie de voir sa griffe largement présente en France. Lorsqu’on lui demande si il a des envies de distribution de sa marque en France, il répond simplement “plein, plein !” Dans la mesure où Squeezie a déjà craqué pour une de ses pièces très abordables de la série “I Love Pets” on est tentés de se dire qu’il y a effectivement de la place pour ses silhouettes de garçons preppy twistées par des accents pop, rétro et streetwear.

Beyond Closet

“Je suis certaine qu’il y a un style coréen, mais je ne suis pas sûre de ce que c’est exactement”, explique Kathleen Kye dont la marque éponyme est une autre favorite des hipsters et des célébrités coréennes. Elle voit néanmoins dans ses créations “boutique streetwear” une empreinte vibrante, inspirée par le “ppalli ppalli”, philosophie de la rapidité et de l’énergie qui anime la société coréenne. Tout comme Ko Tae-yong, Kathleen Kye entretient un lien créatif nourri avec plusieurs stars du hip-hop coréen et de la K-pop.

Key (Kim Ki-bum) en est un bon exemple. Reconnu pour son style personnel, il est impliqué dans le processus de création de l’image de son  groupe, Shinee. “Il collabore beaucoup à la création des tenues de scène.” Un lien direct qui nourrit  et énergise en profondeur les deux industries. On a adoré ses satinés froncés et ses cloutages pop sur denim sur le catwalk.

Entre les silhouettes asymétriques de Moon J et les créations délicates de Tibaeg, largement inspirée de la silhouette coréenne traditionnelle, on rencontre celui qui est déjà un des vétérans de la mode coréenne, Bumsok Choi, créateur du label General Idea il y a 14 ans. Cet autodidacte s’est frotté à la Fashion Week de New York et envisage aujourd’hui un changement de carrière stratégique en venant s’installer à Paris “la Fashion week homme de New York perd de plus en plus de son importance. Nous pensons à Paris. Nous voyageons beaucoup et Paris c’est la beauté”, pour cet amoureux de culture et d’art aux silhouettes faussement casual et véritablement élégantes.

MOONJ

Ti Baeg

General Idea

Des signaux faibles mais prometteurs d’échanges culturels, à l’image des canotiers de Beyond Closet inspirés de la Côte d’Azur, à renforcer et à approfondir.

Claire Solery