Home Art de vivreCulture Les normes sur les représentations de genres : A quel point sont-elles opérantes dans l’univers de la mode ? Part 1 : La presse masculine

Les normes sur les représentations de genres : A quel point sont-elles opérantes dans l’univers de la mode ? Part 1 : La presse masculine

by Manon Renault
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A l’occassion de la sorite de la version masculine du CR Fashion Book   le 10 septembre, il est temps de faire un point sur la place de la mode dans les rayons masculins de la presse.

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Aperçu du prochain CR Fashion Book .

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Catégorisés « féminin », nombre de mensuels et d’hebdomadaires, de toutes gammes éditoriales, consacrées à la mode, et s’adressant à tout âges, ont dès leurs débuts, occupés les premiers rangs de la presse féminine. En un unique coup d’oeil, le calcul est fait : les femmes disposent de bien plus de ressources que les hommes, pour accessoiriser leurs tenues et choisir leurs produits de beauté.

Pourquoi ? Cette presse est bien souvent reléguée au « superficielle » : des problèmes peu profonds, ne demandant pas une réelle réflexion. Des sujets qui sont vains…Il a fallu l’exercice du temps, pour que peu à peu, le traitement des tendances vestimentaires, trouve une légitimité. Certes, leur enjeu n’a pas la teneur d’une guerre ou d’un conflit géopolitique, mais qui a dit que la mode le prétendait.

C’est un art, qui peut devenir étendard de ce qu’on est. Un prolongement de la personnalité qui est réglementé par tout un tas de codes selon les circonstances, les époques, les coutumes et les cultures.

Pour les hommes Européens; le soin du vêtement a toujours été présent. Au XXième, des figures comme James Bond, popularisent le goût des costumes bien taillés…même dans les situations les plus relevées. Un art du costume, des chemises impeccables et une poésie des montres.

Les accessoires, les bijoux, les parfums existent, mais peu de magazines proposent d’éclairer nos gentlemen. Le style reste très monovoque . La gamme des possibles est réduite ; soit un look sophistiqué, soit un look aventurier, alors que la rue regorge de punks, mods, émo , gangsta qui proposent leurs propres manières de lire et exprimer les tendances. Une presse pas vraiment en adéquation avec son époque ?

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Entre les années 70 et la fin des années 90, la presse masculine évolue peu. Elle reste au point mort. Soit lié au sport, à la musculation, à la chasse, l’économie ou l’érotisme : voilà à quoi sont relégués nos hommes. Une presse dissipée dans diverses catégories. Chacun doit échafauder sa propre idée de ce qu’est la presse masculine.

Hugh Hefner, créateur de Playboy.

Hugh Hefner, créateur de Playboy.

Durant les années 70, c’est la règne de la presse de charmes. Cependant, des revues comme  Playboy et Lui, se doivent d’évoluer. La masculinité change, et ne promeut plus une virilité matchiste. Ainsi le contenu ne se réduit pas uniquement à des photos de femmes dénudées. Des articles sociétaux et culturels s’implantent peu à peu .

Un tournant s’élabore dans la masculinité. L’image de l’homme évolue. Les hommes accordent plus de soin à leur apparence et sont à la recherche de conseils pratiques, d’une presse qui propose un nouvel art de vivre.

Premier Afro-Américain en couverture de GQ ( 1977)

Premier Afro-Américain en couverture de GQ ( 1977)

Fin 90 Vogue étend l’édition de sa version masculine dans de nouveaux pays, dont la France. De près, suivent l’Optimum (anciennement L’Officiel Homme) ou Numéro Homme (2001). Le titre majeur reste GQ. Né en 1931, le mensuel de Condé Nast ne traite pas uniquement de mode. La culture y tient une large place : tout un lifestyle, le lifetyle du gentleman.  Il faut attendre 2003 pour qu’une version française apparaisse.

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David Beckam, qualifié comme représentant de la métrosexualité pour certains.

Au milieu des années 2000, un nouveau terme  apparaît : Métrosexuel . Ce terme désigne les hommes « citadins » qui assumeraient pleinement leur part de féminité. La médiatisation de ce phénomène est lié à plusieurs facteurs, comme l’évolution du statut de la femme, l’émergence dans la musique et le cinéma de nouvelles formes de masculinités-où la force et la violence sont dévaluées.

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Ceci signe le succès de la presse masculine haut de gamme pour un temps. En effet le retour à une masculinité plus brute et également présente. Peu à peu la presse comprend qu’elle ne peut proposer une lecture destinée uniquement aux « Dandy » ou « Brutes du dimanche ». Elle doit considérer la pluralité de la virilité. Les théories sur l’identité masculine sont nombreuses. Une chose est sûre, elle est sans âges ou races, et ne peut plus être réduite en un rôle-modèle unique. La gamme s’étend de Beckham à Chabal en passant par Matt Damon ou Neil Patrick Harris,  X-Zibit et Peter Dinklage !

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