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Issey Miyake Prêt-à-Porter Printemps-Eté 2011

by Marie Odile Radom
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« Un fantôme se cache dans la garde-robe. Sans que personne ne le remarque, il se faufile et prend possession de l’esprit des vêtements avec lequel il ne fait plus qu’un… » . Le programme annonçait la couleur « Ghost in the Clothes« , je n’ai pu m’empêcher de penser à « Ghost in the Shell » où le mot « Ghost » fait plus référence finalement à l’âme humaine qu’à un esprit.

Pour le Printemps-Eté 2011, le créateur Issey Miyake nous invite à découvrir le fantôme qui se cache dans notre garde-robe, nous emmenant ainsi à une autre réalité, à un monde invisible qui ne peut être approché. La voix du maître Hitchcock retentit : « And everyone knows the best way to read ghost stories . . . is in the dark » puis l’obscurité envahit le Palais de Tokyo. Et c’est d’un brouillard épais que surgissent les premières silhouettes telles des apparitions fantomatiques.

Une première robe plissée grise nous invite à ouvrir les yeux et à voir celui du fantôme qui nous regarde cherchant un nouveau vêtement à envoûter. Tissus aériens, ensembles blancs ornés de disques argentés, travail d’orfèvre proche de l’origami sur vestiaire blanc immaculé nous font d’emblée rentrer dans l’imaginaire de Dai Fujiwara, le directeur créatif d’Issey Miyake.

Silhouettes hypnotiques empreintes de détails japonisants, les vestes se font vestes de kimonos de face comme de dos, les jupes sont bouffantes et les pantalons sarouels de luxe. Des tenues sportives côtoient des silhouettes plus recherchées avec une constante : cette impression perpétuelle que l’air traverse littéralement chaque vêtement.

Très vite, les silhouettes blanches s’agrémentent de vestes ou de gilets en cuir noir froissé. Puis la couleur apparaît pour un temps enfin éclatante en rouge, jaune et turquoise avec des silhouettes portant des tissus ultrafins que Dai Fujiwara aime superposés. Les silhouettes bicolores reviennent pour mieux laisser la place à une série de robes et tuniques d’un beige couleur paille mettant en valeur un rafia à motifs déformés rappelant le bois, formidable effet de texture.

Robes simples en soie ou robes bustiers, shorts, jupes, pantalons amples se suivent pour une parfaite garde-robe pour l’été. De nouveau, la couleur prend possession de ces fantômes à travers des imprimés avant de revenir en variations de blanc, de noir et de gris, véritable exercice de style tant le sens du détail et de la texture est poussé à l’extrême.

Et que serait un défilé Issey Miyaké sans ses fameux plissés dont Dai Fujiwara garde jalousement le secret de fabrication ? Certains modèles au plissé horizontal semblent mus par un mouvement qui leur est propre au gré des pas des mannequins.

Dai Fujiwara a vraiment un don, celui de nous emmener dans son univers et de nous prouver que les fantômes peuvent habiller nos vêtements. Son but : leur donner vie.

Crédit photo : Frédérique Dumoulin

Marie-Odile Radom

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