
Le ton est donné dès l’approche vers ce lieu d’un nouveau genre : on aperçoit le slogan révolutionnaire sous forme de cocarde géante sur la fenêtre et à sa gauche le visuel le plus inattendu qu’il soit, le décolleté légèrement canaille du dos d’un électricien charnu. Et en s’approchant pour observer à travers la vitre, on peut même apercevoir les noms étonnants des trésors vendus.
Passons de l’autre côté du miroir en pénétrant dans ce nouveau territoire affranchi. Dans les tons noir, blanc et rose et ne reniant pas un petit côté boudoir néo-baroque, ces lieux collent parfaitement à la déclaration d’indépendance de cette parfumerie unique.
Celle-ci a été fondée par Etienne de Swardt, ancien de chez LVMH et créateur du parfum pour chien « Oh my Dog ». En 2006, il crée État Libre d’Orange (en hommage à sa contrée de naissance en Afrique du Sud) un brin lassé par le côté précieux de la parfumerie actuelle et le bridage de la création, avec un crédo : provoquer pour mieux séduire. Et il a invité ses amis nez Antoine Lie, Nathalie Feisthauer, Antoine Maisondieu à interpréter des histoires sensuelles pour la plupart en jouant avec les senteurs. Un seul mot d’ordre : faire naître des émotions et des désirs chez la personne qui porte et chez celle qui sent le parfum. Et retrouver l’originalité du produit en laissant libre cours à l’imagination de l’auteur, bien loin des contraintes marketing. Le parfum n’est plus un produit, c’est une œuvre d’art à part entière désormais.

Cette parfumerie au concept un brin provocateur, mais qui a le bon goût de ne jamais tomber dans le vulgaire, renouvelle l’approche de la parfumerie contemporaine en offrant plus de liberté aux nez, aussi bien au niveau des composants que des œuvres. Un dépoussiérage en règle qui s’offre à nous où les compositions restent raffinées en employant des matières rares et précieuses et où les intitulés sont assez inhabituels. De « Putain des Palaces » à « Sécrétions magnifiques » en passant par « Don’t get me wrong Baby I don’t Swallow » et « Charogne », les noms de ces parfums dérangent mais ne choquent pas. Un langage d’initiés qui ne sied pas à tout le monde. Des visuels choc façon images interdites ont été également créés par le tandem de graphistes Ich&Kar afin de renforcer l’identité de ces parfums à la charge érotique forte. Et pour écrin, la sobriété d’un flacon graphique et la poésie d’une recette….

Allez faire un petit tour au 69 rue des Archives et essayez de deviner de quoi peut bien être constituée chacune des effluves que vous pourrez respirer. Vous ne serez pas déçus.
Etat Libre d’Orange
69 Rue des archives 75003 Paris 01 42 78 30 09
Marie-Odile Radom
ETAT LIBRE D’ORANGE
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2 comments
je suis passée récemment à leur boutique de la rue des Archives et surprise ! : j’ai pu y découvrir leur futur parfum ARCHIVES 69 qui sortira début 2011 (février je crois).
Une fragrance qui propose une senteur encens, du pruneau, de l’orchydée… Une grande réussite !
Vivement cette nouvelle fragrance !! Il est vrai qu’on peut parfois découvrir leur nouvelle fragrance avant leur sortie 🙂
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