La Sardaigne a toujours été une île à part. Non pas parce qu’elle serait plus belle que d’autres — la Méditerranée ne manque pas de beautés — mais parce qu’elle possède cette capacité rare à résister à ce qui la menace : la standardisation du luxe, la mise sous marketing de l’authentique, la transformation de l’exceptionnel en produit. Porto Cervo, avec ses yachts amarrés et ses terrasses qui surplombent la Costa Smeralda, est à la fois le symbole de cette tension et son territoire de jeu.
Buonocore, maison originaire de Capri fondée en 1973, a toujours su naviguer dans ces eaux troubles. Sa proposition — épicerie fine, café, chocolaterie, parfumerie — est un concentré de savoir-vivre méditerranéen qui n’a pas besoin de se justifier par des références extérieures. Elle se justifie par elle-même, par la qualité de ce qu’elle propose et par la cohérence de son univers.
Langosteria Porto Cervo : la rencontre des mers
L’ouverture de Langosteria à Porto Cervo — événement qui s’inscrit dans l’actualité estivale de la Costa Smeralda — est l’occasion de rappeler ce que cette destination représente dans l’imagination du luxe européen. Depuis Aga Khan IV qui en a fait un projet de développement raisonné dans les années 1960, Porto Cervo est devenu le port de référence de la mer Tyrrhénienne.
Langosteria, née à Milan comme restaurant de poissons et de fruits de mer d’exception, a étendu son empreinte à plusieurs destinations méditerranéennes. Son installation à Porto Cervo est logique — c’est l’endroit où ses clients milanais passent l’été. Mais c’est aussi une déclaration : la cuisine du large mérite les mêmes codes que la haute cuisine continentale.







Bagni Fiore à Paraggi : l’intimité comme luxe
À quelques kilomètres de Porto Cervo, sur les rivages liguriens où la végétation descend jusqu’à l’eau turquoise, Paraggi offre un contraste. Là où Porto Cervo est ostentation assumée, Paraggi est discrétion revendiquée. Les Bagni Fiore — établissement balnéaire historique de ce hameau de Santa Margherita Ligure — représentent cette autre forme de luxe méditerranéen : celle de l’endroit qu’on connaît depuis toujours, dont on connaît le patron par son prénom, où la réservation se fait de générations en générations.
L’actualité de Bagni Fiore en cet été 2026 s’inscrit dans la trajectoire d’un lieu qui a résisté à la financiarisation du balnéaire haut de gamme. Pendant que d’autres clubs de plage se transformaient en opérations de marketing événementiel, Paraggi a conservé quelque chose d’essentiel : l’idée que la plage est un territoire de l’intime, pas du spectacle.







La Méditerranée comme promesse
Ce qui unit Buonocore, Langosteria Porto Cervo et Bagni Fiore Paraggi dans l’imaginaire de l’été 2026, c’est une certaine vision de la Méditerranée — non pas comme décor pour un shooting ou backdrop pour un story Instagram, mais comme proposition de civilisation. Une façon de vivre à la mer qui assume ses codes, ses lenteurs, ses plaisirs simples élevés à leur degré de perfection.
Ces lieux ont en commun de ne pas avoir besoin de se réinventer chaque saison. Ils existent, solidement, portés par la confiance de ceux qui reviennent. Dans un monde où le voyage de luxe tend à se confondre avec l’accumulation d’expériences nouvelles, il y a quelque chose de profondément rassurant — et de profondément luxueux — dans l’idée d’un lieu qu’on retrouve tel qu’on l’a quitté. La mer en moins la tempête. Le sel en plus le souvenir.
