Home Food and WineIZA : Lilly’s ouvre un restaurant japonais à Saint-Tropez, et ça change tout

IZA : Lilly’s ouvre un restaurant japonais à Saint-Tropez, et ça change tout

by pascal iakovou
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À Saint-Tropez, les restaurants se succèdent comme des saisons de trop. Mais Lilly’s vient d’introduire quelque chose que la Riviera n’avait pas encore vraiment vu : un concept japonais signé par un chef qui a traversé les palaces avant de trouver sa propre langue. IZA est peut-être l’adresse de l’été. Mais c’est surtout un signal.

Le paradoxe de la cuisine japonaise en Provence

Il n’y a rien d’évident à ouvrir un restaurant japonais à Saint-Tropez. La ville est un territoire de l’excès méditerranéen — le rosé, la tomate, l’huile d’olive, la crudité du soleil de juillet. L’esthétique japonaise, avec sa rigueur, ses silences, sa géométrie du minimum, devrait sembler étrangère à ce paysage.

Et pourtant, quelque chose dans ce choix est parfaitement logique. Les clientèles du luxe estival européen fréquentent Tokyo, Kyoto et les grandes tables de kappo depuis des années. Elles savent ce qu’est une dashi bien maîtrisée. Elles connaissent le contraste d’un yuzu. Ce qu’elles cherchent sur la Côte d’Azur, de plus en plus, c’est précisément ce que les restaurants régionaux ne leur proposent plus : de la précision.

Takuya Watanabe, ou le parcours silencieux

Le nom de Takuya Watanabe n’appartient pas encore au registre des chefs que l’on cite dans les dîners parisiens. C’est presque sa force. Formé dans les grandes maisons — dont le Fairmont, une enseigne qui exige une régularité d’exécution rare — il appartient à cette catégorie de cuisiniers qui travaillent avant de parler.

IZA est son premier concept en propre, du moins au sein de l’écosystème Lilly’s. Cette marque, connue pour son instinct à identifier les lieux avant qu’ils ne deviennent des adresses, lui offre un cadre que peu d’autres auraient pu lui garantir : une clientèle exigeante, un espace à la hauteur, et l’été le plus regardé du monde occidental.

Ce que Lilly’s comprend que d’autres ont raté

Lilly’s a bâti sa réputation sur une idée simple mais difficile à tenir : que le luxe de la table n’est pas une question de matière première, mais d’intention. Avec IZA, le groupe ouvre un nouveau registre. Le Japon — du moins, une certaine idée du Japon — est devenu la référence mondiale en matière de rigueur culinaire. L’incorporer dans un lieu aussi chargé symboliquement que Saint-Tropez, c’est une prise de position.

Ce n’est pas une fusion. Ce n’est pas non plus une curiosité touristique. C’est une proposition qui fait confiance au client : celui-ci sait ce qu’il veut, et ce qu’il veut n’est plus forcément ce que la géographie lui imposait jusqu’ici.

L’été teste toujours les concepts

Saint-Tropez est un terrain de vérité brutal. Les adresses qui y fonctionnent en juillet ne ressemblent pas forcément à celles qui survivent en septembre. IZA devra tenir ses promesses face à une clientèle qui compare aussi bien avec Narisawa qu’avec La Vague d’Or. Takuya Watanabe le sait, sans doute mieux que quiconque. C’est peut-être pour cela que son premier mouvement n’est pas un cri — c’est une invitation.

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