Home Food and WineAu Jardin Belle Époque, Perrier-Jouët transpose son vignoble au cœur de Monaco

Au Jardin Belle Époque, Perrier-Jouët transpose son vignoble au cœur de Monaco

by pascal iakovou
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À Monaco, le Square Beaumarchais accueille pour une deuxième saison le Jardin Belle Époque, une installation imaginée par la Maison Perrier-Jouët avec l’Hôtel Hermitage Monte-Carlo. Plus qu’un espace de dégustation, le projet propose une lecture sensible de la biodiversité qui façonne le vignoble champenois.  

Au printemps, Monaco cultive une relation particulière avec les jardins éphémères. Entre les façades Belle Époque de l’Hermitage et l’agitation du port, le Square Beaumarchais accueille de nouveau une structure inspirée de l’Art nouveau. Sous son dôme végétal, la Maison Perrier-Jouët installe un récit davantage qu’un bar à champagne.  

L’exercice pourrait sembler attendu. Pourtant, le projet révèle une tendance plus profonde du luxe contemporain : la nécessité pour les Maisons de rendre visibles les écosystèmes qui soutiennent leur production. Depuis plusieurs années, Perrier-Jouët place la biodiversité au centre de son discours agricole. Ici, cette réflexion quitte le vignoble pour investir l’espace urbain.    

Le parcours s’organise comme une promenade. Le visiteur découvre d’abord l’Arbre à Flûtes conçu par le designer néerlandais Tord Boontje. Habituellement présenté à la Maison Belle Époque en Champagne, cet objet hybride emprunte autant à la sculpture qu’au rituel de dégustation. Ses branches supportent des flûtes suspendues que les visiteurs prélèvent avant de goûter les cuvées sous l’accompagnement d’un sommelier.  

Plus loin, l’installation sonore Oecanthus, réalisée par David Monacchi, introduit une autre dimension du paysage viticole : celle du son. L’œuvre résulte d’un travail de captation mené pendant plusieurs mois au sein des vignobles de la Maison. Elle restitue la présence discrète des espèces qui composent cet environnement agricole. Dans un secteur souvent focalisé sur le terroir comme notion géologique, la proposition rappelle que le vignoble est aussi un habitat vivant.  

Cette réflexion se prolonge avec la reproduction de l’Îlot de Biodiversité imaginé par le studio FormaFantasma. L’installation matérialise les expérimentations menées autour de la coexistence entre vigne, insectes pollinisateurs et flore locale. Une manière de traduire un programme agronomique en expérience accessible.  

La dimension gastronomique participe également à cette démonstration. Laurent Piolti, Chef exécutif de l’Hôtel Hermitage Monte-Carlo, et Sébastien Morellon, Chef exécutif de la Maison Belle Époque, ont élaboré une série d’accords centrés sur le Chardonnay, cépage que Perrier-Jouët a choisi comme signature dès 1811. Une brioche homard citron caviar accompagnée d’une mayonnaise aux agrumes dialogue ainsi avec le Blanc de Blancs de la Maison. « La minéralité du Chardonnay répond à l’iode et l’élégance du homard, ainsi que le toasté de la brioche », expliquent Sébastien Morellon et Séverine Frerson, Cheffe de Cave.  

Détail

Le Chardonnay comme fil conducteur

Fondée en 1811, la Maison Perrier-Jouët a construit son identité autour du Chardonnay, cépage historiquement moins dominant en Champagne que le pinot noir ou le meunier. Le Jardin Belle Époque utilise cette singularité comme fil narratif, en reliant dégustation, biodiversité et création artistique autour d’un même vocabulaire floral.  

Le véritable intérêt du Jardin Belle Époque réside peut-être là. Dans une industrie où l’expérience tend souvent à se résumer à une scénographie spectaculaire, cette installation tente de réintroduire une notion plus discrète : celle de l’interdépendance. Entre architecture temporaire, paysage sonore et observation du vivant, Monaco devient, le temps d’une saison, une annexe culturelle du vignoble champenois.  

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