La vodka est souvent décrite comme un spiritueux neutre.
Pendant longtemps, sa qualité se mesurait à sa capacité à faire disparaître toute trace de son origine. Plus elle semblait transparente, plus elle était considérée comme réussie. Cette approche a produit des spiritueux techniquement irréprochables, mais souvent interchangeables.
Pegasus Vodka emprunte une autre voie.
Distillée en Bourgogne à partir de blé tendre biologique français et d’eau puisée dans un puits artésien situé sous la distillerie de Meursault, elle revendique une identité géographique rarement mise en avant dans cette catégorie. Là où de nombreuses vodkas valorisent essentiellement la pureté, Pegasus cherche à raconter la provenance.
Le point de départ est la matière première. Le distillat provient exclusivement de blé tendre issu de l’agriculture biologique française. Mais l’élément le plus intéressant réside dans le traitement du liquide après la distillation.
La maison utilise une technologie baptisée iStill, fondée ici sur un procédé hybride associant cinq distillations en colonne simple à une distillation complémentaire en colonne à reflux. Ce choix traduit une recherche de précision plutôt que de puissance. La multiplication des passages permet d’affiner le profil aromatique tout en conservant une certaine texture.
L’étape suivante mérite également attention. La réduction du distillat de 88 % à 40 % d’alcool s’effectue selon une méthode goutte à goutte à basse température, autour de cinq degrés, pendant deux semaines. Dans l’univers des spiritueux, cette phase est souvent considérée comme purement technique. Pourtant, elle influence directement la texture finale. Une réduction lente favorise une meilleure intégration entre l’alcool et l’eau.
Le repos qui suit prolonge cette logique. Avant sa mise en bouteille, la vodka séjourne un mois en cuves béton et inox. Une pratique inhabituelle dans une catégorie généralement associée à la vitesse de production.


L’eau utilisée pour la réduction provient d’un puits artésien situé à 152 mètres sous la distillerie de Meursault. Dans une vodka composée principalement d’eau et d’alcool, cette donnée n’est pas anecdotique. Elle participe à l’identité du spiritueux autant que le choix du blé.
La dégustation décrite par la maison évoque des notes céréalières, des accents floraux et une fraîcheur minérale rappelant les eaux de Meursault. En bouche, la texture est présentée comme soyeuse, avec une finale nette et persistante. Plus intéressant encore, Pegasus est pensée explicitement pour le martini, cocktail qui agit comme un révélateur de la qualité d’une vodka puisque peu d’ingrédients viennent masquer ses caractéristiques propres.
Au fond, Pegasus participe à une évolution plus large de la catégorie. Après plusieurs décennies dominées par la neutralité absolue, certaines maisons cherchent désormais à redonner une personnalité à la vodka. Non pas en l’aromatisant, mais en réintroduisant des notions longtemps réservées au vin ou au whisky : origine, matière première, eau et méthode de production.
Une démarche qui rapproche davantage la vodka d’un produit agricole que d’un simple alcool rectifié.
