À chaque nouvelle édition, Bvlgari a fait de la finesse un programme. Avec l’Octo Finissimo 37 mm présentée à Watches & Wonders 2026, la Manufacture change de registre : la réduction du diamètre n’est plus un record à battre, mais une question d’architecture.
Douze ans après le premier boîtier octoganal de 2014 — dont les arêtes et les volumes s’inspiraient explicitement des coupoles et des colonnes de Rome antique —, le passage de 40 à 37 millimètres impose une refonte complète de la mécanique. Le nouveau calibre BVF 100, conçu et produit dans les ateliers suisses de la Maison en trois ans de développement, mesure 2,35 mm de hauteur sur 31 mm de diamètre. À titre de comparaison, son prédécesseur dans le boîtier 40 mm occupait un volume 20 % supérieur. L’assemblage final pèse 65 grammes.
La densification du mouvement repose sur un micro-rotor particulièrement efficace, alimentant un barillet à haute capacité énergétique dans un encombrement réduit. Résultat : 72 heures de réserve de marche à une fréquence de 21 600 alternances par heure. Ce n’est pas la prouesse la plus spectaculaire de la collection — la répétition minutes de 2016 et le calendrier perpétuel Aiguille d’Or 2021 demeurent des jalons autrement plus complexes —, mais c’est peut-être la plus lisible.
« L’Octo Finissimo 37 est, à nos yeux, une toile blanche revisitée. En réduisant son diamètre, nous avons créé un espace où la créativité s’exprime à l’état pur », précise Fabrizio Buonamassa Stigliani, directeur de la création horlogère de Bvlgari. La phrase dit l’essentiel : une toile blanche n’est pas une simplification, c’est une contrainte.
Détail technique
Le mouvement BVF 100 reçoit des côtes de Genève rayonnantes — une finition appliquée manuellement, plus complexe à exécuter que les côtes droites traditionnelles — ainsi qu’un perlage sur la platine. Les vis adoptent un profil octogonal, écho au boîtier. La jonction entre le boîtier et le bracelet est désormais assurée par un système de vissage, conçu pour accueillir différentes matières et finitions. Le fond est transparent.
Quatre déclinaisons au lancement : titane sablé, titane poli satiné, or jaune 18 carats, et une quatrième en titane sablé dotée du calibre BVL 362 — répétition minutes, 3,12 mm d’épaisseur, deux marteaux. Le titane sablé et le poli satiné ne sont pas des variations cosmétiques : le premier accentue la profondeur et les contrastes des arêtes, le second révèle le relief architectural du boîtier sous la lumière rasante.
Ce que cette montre signifie pour la collection est moins évident que ce qu’elle accomplit mécaniquement. La version 40 mm reste la démonstration de force — sept records mondiaux de finesse dans leurs catégories respectives. La 37 mm propose autre chose : une pièce pensée pour disparaître sous la manchette d’une chemise, sans renoncer à la manufacture. Dans l’horlogerie de collection, la retenue coûte parfois aussi cher que l’exploit.
















































































