Le Calibre 135 n’oscille qu’à 2,5 Hz. Dans l’horlogerie contemporaine où 4 ou 5 Hz sont devenus la norme des manufactures soucieuses de précision, cette fréquence basse est presque une posture. Elle est surtout une méthode : développé entre 1949 et 1962 spécifiquement pour les concours de chronométrie des observatoires d’astronomie, ce mouvement à remontage manuel a remporté 235 prix dans sa version de compétition, le 135-O, dont cinq premiers prix consécutifs à l’Observatoire de Neuchâtel entre 1950 et 1954 — un record qui tient toujours. Manufacture Zenith n’a pas cherché à le supplanter. Elle a choisi, avec la collection G.F.J., de lui construire un écrin contemporain. Watches and Wonders 2026 en révèle deux nouvelles déclinaisons, en tantale et en or jaune, qui posent ensemble une question que le mouvement, lui, a déjà résolue.
Le calibre conserve son diamètre de 13 lignes — soit 30 mm — et son architecture d’origine : large balancier à vis de réglage, spiral à courbe terminale Breguet, régulateur à double flèche pour un ajustement fin, roue de centre décalée. Les améliorations portent sur la fiabilité : train de rouage optimisé, réserve de marche portée à 72 heures, mécanisme stop-seconde. Chaque exemplaire sort certifié par le COSC avec une précision garantie de ±2 secondes par jour. À travers le fond saphir, les Côtes de Genève et les ponts anglés à la main se déploient sous une finition ruthénium sombre — une profondeur qui, selon le boîtier, dialogue différemment avec la matière qui l’entoure.
Détail technique — le guilloché « briques »
Le secteur périphérique du cadran reproduit le motif de la façade de la Manufacture Zenith au Locle. Ce guilloché n’est pas ornemental au sens d’une addition : il structure la lisibilité en délimitant physiquement la zone des index du disque central. Sur le tantale, ce disque est en onyx noir poli ; sur l’or jaune, en jaspe sanguin dont les veines naturelles rendent chaque cadran différent du suivant. Dans les deux cas, le compteur de petite seconde à 6 heures est réalisé en nacre.
Le boîtier en tantale mérite qu’on s’y arrête. Ce métal, dont la densité excède celle de l’or blanc et dont la teinte naturelle tire vers le bleu-gris, impose des contraintes d’usinage que le dossier technique formule sans détour : outils spécifiques, cadences de fabrication réduites, finitions plus longues qu’avec l’or ou le platine. Sa résistance à la corrosion et sa biocompatibilité sont des qualités industrielles, pas des arguments marketing. La version en tantale est limitée à vingt exemplaires ; onze index en diamants taille baguette de qualité F-G, totalisant 0,45 carat, et des aiguilles en or blanc 18 carats complètent la composition. La version en or jaune — 161 exemplaires — opte pour l’harmonie chromatique : index et aiguilles en or jaune 18 carats, gravures du mouvement rehaussées à l’identique, bracelet en alligator nubuck beige livré avec deux bracelets supplémentaires.
Le Grand Prix d’Horlogerie de Genève a distingué la G.F.J. de son « Prix de Chronométrie » en 2025, année de son lancement. La question que posent ces nouvelles déclinaisons est moins celle de la récompense que de ce qu’elle signifie pour une Maison dont l’identité repose sur la précision mesurée en observatoire : le Calibre 135 est désormais moins un hommage qu’une démonstration en cours.






















