Home ModeFashion WeekRami Al Ali – Guardians of Light : la couture comme acte de sauvegarde, de Damas à Paris

Rami Al Ali – Guardians of Light : la couture comme acte de sauvegarde, de Damas à Paris

by pascal iakovou
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À Paris, le 10 juillet 2025 marquait plus qu’un défilé : c’était une cérémonie de mémoire. En inscrivant pour la première fois son nom au calendrier officiel de la Fédération de la Haute Couture, Rami Al Ali présente Guardians of Light – The Living Craft of Damascus, une collection-élégie dédiée aux artisans de sa Syrie natale .

Palais intérieurs, souvenirs extérieurs

Le créateur puise dans les joyaux architecturaux du vieux Damas : boiseries d’Al-Azm, géométrie hypnotique de Khan As’ad Pacha, carreaux d’Iznik de Jami’ al-Darwishiyya. Ces splendeurs fanées rejaillissent en broderies de sequins miroitants, en incrustations de nacre, en brocarts réinventés ; chaque robe devient talisman, chaque voile un poème susurré .

Du patrimoine à la passerelle

Épaules sculpturales, jupes fluides : la silhouette oscille entre opulence et retenue. La palette, crépuscule damascène, voyage du prune au lapis, de l’albâtre à l’or antique. Les brocades scintillent, les perles dessinent la symétrie d’une marqueterie orientale, tandis que d’autres pièces effleurent le corps, dégageant une poésie aérienne.

Un partenariat salvateur

Étendard du projet, la collaboration avec le Syrian Crafts Council assure la traçabilité d’éléments patrimoniaux authentifiés ; chaque motif ancestral renaît sous un vocabulaire couture contemporain, faisant du vêtement un acte de garde plutôt que de nostalgie .

Couture élégie, couture espoir

« Chaque point est un vœu, chaque silhouette un souvenir », intone le communiqué. Guardians of Light érige ainsi la mode en archiviste vivante : au-delà du spectaculaire, elle devient témoin d’une civilisation en suspens. Dans l’éclat des brocarts, on lit la résilience d’un peuple ; dans la grâce des coupes, la volonté de transmettre plutôt que de pleurer.

En cette première apparition parisienne, Rami Al Ali offre un manifeste : la haute couture peut être phare et mémoire, lumière projetée sur des trésors menacés – gardiens, pour longtemps, d’une beauté que la guerre n’a pas su éteindre.

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