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CHANEL, HAUTE JOAILLERIE, COLLECTION COROMANDEL

by pascal iakovou
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COROMANDEL

« LA PREMIÈRE FOIS QUE JE VIS UN PARAVENT DE COROMANDEL, JE M’ÉCRIAI : COMME C’EST BEAU ! JE N’AVAIS JAMAIS DIT CELA D’AUCUN OBJET. » GABRIELLE CHANEL

Gabrielle Chanel vécut dans un écrin de laque où barques et palais, fleurs et oiseaux aux reflets d’or et de rouge sombre se détachaient sur un fond de nuit noire. Paysage rêvé au charme si puissant qu’elle souhaita l’avoir toujours autour d’elle : les paravents de Coromandel qu’elle découvrit dès les années 1910 avec son amour sans doute le plus passionné, Boy Capel, avenue de New-York à l’hôtel particulier, rue du Faubourg Saint-Honoré, où elle s’installa en 1923, puis de sa suite au Ritz Paris à sa villa de Lausanne, en 1968. Elle ne se lassa jamais d’en rechercher de nouveaux, au point d’en posséder une trentaine, dont elle donna certains, tout en prenant soin d’en garder assez, disait-elle, « pour tapisser ma maison ». « Je suis comme un escargot, moi, confia-t-elle à Claude Delay. Je porte ma maison avec moi… Deux paravents de Chine, des livres partout. Je n’ai jamais pu vivre dans une maison ouverte. La première chose que je cherche, c’est des paravents. » Tréteaux de l’intime, décors quotidiens qu’elle n’hésita pas à monter et démonter, d’un endroit à l’autre, à rogner, clouer, coller, détacher, réduire, transformer, retoucher suivant ses besoins et ses envies, y épinglant photos et dessins de ses amis artistes. Ils formaient les toiles de fonds d’un théâtre imaginaire dans lequel elle aimait à se perdre. « Quand je regarde ce paravent, tiens, le soir, poursuit-elle, je vois des portes s’ouvrir et des cavaliers qui partent à cheval » … Car les laques de Coromandel conjoignent l’évocation d’une Chine fabuleuse, du lointain empire de Cathay et de ces côtes des Indes orientales d’où elles partaient pour l’Europe et qui leur donnèrent leur nom. Elles conjurent aussi le souvenir du Livre des Merveilles de Marco Polo et de sa Venise natale, porte de l’Orient, lieu de prédilection de Chanel où elle se rendait régulièrement en compagnie de son amie Misia et du mari de cette dernière, l’extravagant José-Maria Sert, autre amateur de ces laques subtiles, qui l’encouragea dans son goût du baroque et des décors opulents, Aujourd’hui encore, lorsqu’on entre dans l’appartement de Chanel, 31 rue Cambon, on est pris dans le mirage de ce décor où les paravents des XVIIe et XVIIIe siècles masquent les portes, entourent la cheminée et le canapé, et, se reflétant dans les miroirs et le cristal de roche, semblent se démultiplier à l’infini, en un labyrinthe imaginaire qui aurait traversé les mers et les siècles.

Au XVIIe siècle, les marins de Louis XIV appareillaient depuis Brest ou Bordeaux pour contourner l’Afrique, croiser au large des îles de France ou de Bourbon, et remonter vers la côte de Cholamandal, sur le versant oriental de l’Inde, transformée par des oreilles étrangères en Coromandel. À la recherche des perles et joyaux dont Marco Polo avait tressé la légende dans son Livre des Merveilles, ils avaient surtout rencontré des commerçants chinois venus du centre du continent et de la cour de l’empereur Kang Xi. Leurs jonques transportaient de fabuleux objets – jades, porcelaines, objets et paravents de laque dont les techniques de fabrication restaient inconnues en Occident. Les laques étaient en fait obtenues à partir d’une résine végétale chauffée, filtrée, purifiée puis appliquée sur des lames de bois en couches successives séchées et polies jusqu’à atteindre trois millimètres d’épaisseur. C’est ce qui leur donnait une dureté et un éclat incomparables. Certaines laques nécessitaient plus d’une trentaine d’applications. Cette méthode séculaire était appelée « Kuan Kai » (« couleurs incisées ») en référence aux motifs de pierres dures et de nacre incrustés dans le laque (laque est masculin dans ce cas). Les laques chinoises furent extrêmement recherchées dans L’Europe du XVIIe siècle, avant d’inspirer la technique moins sophistiquée du « vernis Martin » au siècle suivant.

« LA LAQUE, C’EST MON ÉLÉMENT. ÇA NE VOUS SAUTE PAS À LA FIGURE. J’AI ACHETÉ TRENTE-DEUX PARAVENTS, J’EN AI BEAUCOUP DONNÉ MAIS IL M’EN RESTE ASSEZ POUR TAPISSER MA MAISON… »

CHANEL Joaillerie présente pour la première fois, en 2018, une collection de Haute Joaillerie inspirée par l’univers poétique du Coromandel. La collection COROMANDEL comporte cinquante-neuf pièces dont vingt-quatre sont des pièces uniques. Les motifs chers à Gabrielle Chanel sont repris autour de trois thèmes : floral, évoquant notamment sa fleur fétiche le camélia, animal à travers le bestiaire du Coromandel et minéral pour celle qui aimait les cristaux et les gemmes. Le thème floral inspire une manchette entièrement réversible, reprenant la structure géométrique des paravents, comprenant un diamant jaune pivotant pour rester toujours visible au poignet. Le thème minéral se dessine sur le plastron de la parure « Horizon Lointain » en or jaune, ponctué de nuages de nacre et de diamants (dont un central de six carats) évoquant un paysage de Coromandel. Au cœur du thème animal, les oiseaux sont sur le point de prendre leur envol, comme directement sortis des paravents, ornant une bague au diamant éclatant de plus de dix carats. Enfin, les gemmes de la collection rappellent toute la gamme chromatique des laques de Coromandel : le vert des grenats tsavorites, des émeraudes ou d’une tourmaline de plus de trente-sept carats sur la bague « Vibration Minérale » ; le rouge du spinelle de la bague « Évocation Florale » et des beads de rubis et la profondeur hypnotique de la laque noire transposée en onyx. Pièces magiques et virtuoses qui offrent, une fois encore, l’illustration du savoir-faire incomparable de l’Atelier de Haute Joaillerie CHANEL, et de l’inépuisable inventivité du Studio de Création, autour de l’univers secret et précieux de Gabrielle Chanel.

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