Home ModeFashion Week Haute-Couture Automne/Hiver 2018-19 : Jour 1 L’argent

Haute-Couture Automne/Hiver 2018-19 : Jour 1 L’argent

by Manon Renault 3 juillet 2018 0 comment

L’ouverture de cette semaine de la Haute-couture semble être l’objet d’un complot. Comme un cri: Haute-couture tu es finie, Haute-Couture démocratise-toi ? Samedi, Miu-Miu organisait un défilé croisière qui s’étendait dans les rues parisiennes. Dimanche Hermès et ACNE studio présentaient leurs collections ( prêt-à-porter ? croisière ? couture? on ne sait plus ) au milieu du calendrier de la Haute-Coutre. Clou du spectacle : VETEMENTS choisi ce jour précis pour livrer sa prophétie hype. Demna Gvesalia recèle d’intelligence: VETEMENTS et Haute-Couture apparaitront dans le même fil d’actualité. Le mots s’afficheront côte à côte comme pour exposer le paradoxe d’une mode qui oublie le VETEMENT.

La Haute-couture : art réservé  à une petite clientèle fortunée. Art/Marchandise : deux faces d’une même activité qui posent problème. Dans l’art contemporain, les oeuvres sont vendues pour des millions : 100 pour Basquiat ou Jeff Koons.

Cette semaine de la Haute-couture semble être l’objet d’un complot. Comme un cri: Haute-couture tu es finie, Haute-Couture démocratise-toi ? Samedi, Miu-Miu organisait un défilé croisière qui s’étendait dans les rues parisiennes. Dimanche Hermès et ACNE studio présentaient leurs collections ( prêt-à-porter ? croisière ? couture? on ne sait plus ) au milieu du calendrier de la Haute-Coutre. Clou du spectacle : VETEMENTS choisit ce jour précis pour livrer sa prophétie hype. Demna Gvesalia recèle d’intelligence: VETEMENTS et Haute-Couture apparaitront dans le même fil d’actualité. Le mots s’afficheront côte à côte comme pour exposer le paradoxe d’une mode qui oublie le VETEMENT.

La Haute-couture : art réservé  à une petite clientèle fortunée. Art/ Marchandise : deux faces d’une même activité qui posent problème. Dans l’art contemporain, les oeuvres sont vendues pour des millions : 100 pour Basquiat ou Jeff Koons. Indécence : le mot revient, mais les expositions dans les musées permettent d’inscrire l’Art Contemporain dans une perspective de légitimation. La mode s’expose sur ses propres podiums, 10 min grand maximum, devant un public restreint. Peu à peu elle entre dans les musée, comme pour mieux sortir dans la rue. Devenir un bien commun.

La question : La semaine de la haute-couture, a t-elle encore sa place ? S’agit t-il d’un snobisme indécent qui est lu comme une violence dans une France de plus en plus fracturée ?

Ou est-ce un moyen de légitimer la mode comme un art, au même titre que le cinéma, la littérature…?


Azzedine Alaïa : Conservateur de l’éphémère

« Je souhaite créer une fondation qui soit ma maison, là ou je vis dans le Marais ». Désormais la phrase est inscrite au 18 rue de la Verrerie, sur les murs de l’association Azzedine Alaïa. Olivier Saillard, commissaire de l’exposition nous explique que Monsieur Alaïa a très tôt éprouvé le besoin de conserver ses pièces. Au caractère éphémère des tendances, il répond par la création en 2007 de l’association Alaïa. Résolument dans l’avant-garde, ce geste signe une vision vivante du patrimoine qui rompt avec l’idée selon laquelle il faut attendre un temps avant de créer des archives. Le sentiment d’Alaïa transcende la notion d’un devoir de mémoire morbide. Aujourd’hui la fondation présente sa deuxième exposition : en plus de permettre d’apprécier la virtuosité technique du couturier, elle nous renseigne sur les moeurs d’une époque : 1992. Une collection « inspirée par la marquise de Pompadour  »  ou le cuir se transforme en fines dentelles, et où broderies anglaises rencontrent de grandes chemises rayées. Les lignes Alaia sont là. Celles de femmes sensuelles est déterminés. Si la marquise de Pompadour fait souvenir en tant que « favorite » de Louis XV, c’est avec un livre à la main qu’elle tenait à ce faire représenter. Un écho troublant à l’actualité. L’archive est vivante.

« L’alchimie secrète d’une collection », jusqu’au 6 janvier 2019, 18 rue de la verrerie, Paris

Ensemble des images : « Alaïa. Livre de collection »  © Prospere Assouline,

Sonia Rykiel: La contre couture

Sonia Rykiel n’a jamais fait de Haute- couture. Elle tenait à entretenir un lien de proximité avec les femmes qu’elle habillait. Le caractère élitiste de la Haute-Couture, troublait sans-doute la dame rousse. Pourtant pour les 50 ans de la maison, une collection atelier créée par Julie De Libran inaugure la semaine Haute-Couture. Un contre-sens ? Il s’agit d’un moyen de mettre en avant les savoirs-faire de la marque : redonner de la place aux petites-mains. L’une des fonctions des défilés couture : miser sur l’aspect artistique. Cette collection permet d’explorer la richesse des pièces iconiques de la garde-robe Rykiel en les élevant au statut d’art. Anniversaire, Grande première : tous les ingrédients sont là pour faire de ce show un événement qui sera regardé au-déla du contexte de la mode. En prenant ce nouveau tournant, la maison Sonia Rykiel invite les médias à la mélopée des rétrospectives tout en s’inscrivant dans l’avenir.

Le pouls de Givenchy : c’est en nous qu’il bat

Volumes insolites,  plumes et Audrey Hepburn : pour beaucoup Hubert de Givenchy était la. Pas un simple fantôme évadé des Archives nationales, ou le défilé se déroulait : en fait il n’ est jamais parti. En habillant Audrey Hepburn, Hubert de Givenchy a permis à des millions de cinéphiles de découvrir la couture. En 2018, Clare Weight Keller habille la princesse Meghan. Givenchy s’inscrit sur les écrans : une référence haute-couture s’immisce chez des millions de personnes. Clare Weight Keller dans une logique de filiation, anime les vêtements coutures, aussi bien dans l’espaces intimiste du défilé que dans les lieux scrutés par tous.


Le défilé fait événement, le défilé clive, le défile hiérarchise. Il permet d’exposer des savoirs-faire, mais à une poignée d’invités. S’il s’est démocratisé via les technologies, la barrière de l’écran n’en aie pas moins violente : elle rappelle sans cesse l’impossible accès à ces vêtements. Mais parle t-on de vêtements ou d’objets?

L’entrée au musée permet d’évacuer la question de l’argent. En devenant des biens communs, le prix des ballons de Jeff Kotons deviennent un peu plus acceptable ?

La mode doit sans doute combiner plusieurs logiques de médiation. En plus des musée Olivier Saillard explore la performance  (Models never talk en 2015, ou Couture essentielle en 2017) : un moyen de dire autre chose de la mode. En faire un tableau vivant plutôt qu’une nature morte.

 

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