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RANI ZAKHEM SS 2018

by pascal iakovou 13 février 2018 0 comment

ODE À UNE FEMME VOLCAN
RANI ZAKHEM COUTURE PRINTEMPS ÉTÉ 2018

Fureur, ferveur, effervescence. Pour son premier défilé à Paris, Rani Zakhem célèbre la vie et la joie en métaphores incandescentes. Le feu est l’élément essentiel de cette collection à la fois somptueuse et décontractée, dédiée à une femme volcanique.
Aussi dévorant qu’immatériel, l’élément sacré se décline en explosions pyrotechniques et cascades d’or, tracées par des broderies de cristaux arachnéennes sur la lave d’un fourreau noir dont le haut drapé se fend en un profond décolleté en « V ».
Certaines créations semblent sculptées à même la lumière, comme cette robe de soie beige nacrée où brasillent des gemmes rouges, orange et or dont une myriade de sequins renvoie en surface le précieux reflet. Ici l’image du volcan est filée jusqu’au col, droit et entièrement doré, élément récurrent de la collection et clef de voute d’une architecture qui privilégie l’aisance, le mouvement et, serait-on tenté d’ajouter, la danse des flammes qui semblent dévorer le tissu à peine effleure-t-il le plancher.
Réminiscence d’une fête à Vienne dont le créateur est rentré ébloui, le Baiser de Klimt, lui-même coulée d’or dans un poudroiement de poussière d’étoiles, souffle à la collection un vocabulaire visuel résolument moderniste, traduit en sequins de formes géométriques. Géométrie qui nous entraîne par ailleurs dans l’esprit discothèque des années 1970 avec de nombreuses références à Halston, notamment dans cette robe ample et fluide à épaule unique et col officier doré, dégradée en éventail, tel un arc-en-ciel ardent, de l’or au rouge en passant par le jaune et l’orange lumineux. L’or, encore, subtil et poudré, sculpte un fourreau en mousseline doré à la feuille, au bustier noué en cache-cœur et dos profondément décolleté, hommage à Mireille Darc et élégante citation de Guy Laroche.
A l’évidence, le thème du feu, tantôt éteint et laissant de précieuses trainées de diamants dans la nuit de la soie ; tantôt liquide, bouillonnant en drapé de métal en fusion sur une robe courte à pan virevoltant, et tantôt doucement irisé de couleurs chaudes, n’est qu’un prétexte choisi par Rani Zakhem pour saluer les maîtres qui ont nourri sa vocation.
Cette robe en mousseline jaune à manches gigot et col foulard, à la jupe plissée soleil et généreusement fendue, est un joyeux sourire adressé à Jean-Louis Scherrer. Cette autre, courte en satin noir, véritable tunique de Moujik ornée au bas d’un plissé de faille jaune agrémenté d’un grand nœud de la même matière, est un clin d’œil à Yves Saint Laurent. Cette troisième composée d’un haut doré à manches étroites, mi longues, et d’une jupe noire longue et drapée est une révérence à Balmain. Le cœur manque un battement quand apparaît le drapé en or liquide de ce fourreau grand soir, terminé par un grand nœud de soie noire à l’épaule, hommage du couturier à Madame Grès.
Un caftan de satin noir, brodé sur les bords de sequins d’or et au bas de motifs de flammes, rappelle l’Orient natal de Rani Zakhem et joue les traits d’union entre ses multiples cultures.
Délicate apothéose de ce défilé en forme de coulée de lave et de brasier mouvant, la robe de mariée, longue et moulante, en dentelle chantilly d’un blanc fragile, souligne par sa précieuse simplicité le parti pris minimaliste d’une collection à fleur d’émotion.

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