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diptyque, Collection hiver 2017

Collection hiver 2017

Au détour d’une rue, un animal mythologique nous regarde de façon dubitative : mais qu’avez-vous donc fait de vos rêves d’enfants ? Vous ne comptez plus les étoiles ? Vous ne cherchez plus les animaux célestes dans les formes des nuages qui voguent avec allégresse au-dessus de vous ?

Il est certaines rencontres qui ne peuvent être le fruit du hasard. La rencontre entre Philippe Baudelocque et diptyque est là pour nous rappeler que la voûte céleste est la trame de laquelle nos rêves sont tissés.

Les constellations, les anneaux célestes, les comètes s’agencent avec harmonie dans le travail de Philippe Baudelocque pour former des animaux fabuleux. Pour la première fois, grâce à sa collaboration avec diptyque, l’artiste dessine des animaux mythologiques : un Phénix, un Dragon, une Licorne. Chacune de ces figures a donné son nom à une constellation. Chacune entre en résonnance avec une couleur, un parfum. L’art, le savoir-faire et le légendaire s’unissent pour créer des fragrances enjoignant à une rêverie poétique. L’or étincelant qui orne les bougies nous incite à nous tourner vers la voûte céleste.

Au cœur du travail de l’artiste se trouve l’étoile. N’est-ce pas les étoiles en nombre infini qui s’unissent entre elles pour former les constellations ? Elles nous orientent dans nos rêveries et révèlent des mystères bien gardés. N’est-ce pas une étoile qui a guidé jadis les mages égarés ? N’est-ce pas une étoile qu’on place au sommet du sapin à Noël en souvenir d’un céleste présent ? Il était aussi écrit dans les cieux, dans un agencement secret d’étoiles, que diptyque inviterait Philippe Baudelocque pour rendre hommage aux étoiles.

Les trois bougies nées de la rencontre entre diptyque et Philippe Baudelocque nous invitent à fermer les yeux, à laisser la douceur apaisante de leurs parfums nous emporter sans crainte vers le ciel étoilé au-dessus de nous.

Fôret Givrée

Comment ne pas évoquer la mystérieuse tapisserie de la « Dame à la Licorne » conservée à Paris, au musée de Cluny ? Cinq panneaux y représentent les cinq sens. Le sixième contient cette formule énigmatique « A mon seul désir ».

Au sein d’un jardin parfaitement agencé, orné de fleurs et d’arbustes symétriques, aux côtés d’une belle jeune femme se tient, toujours à sa gauche, du côté du cœur, des émotions, une licorne. Pour symboliser le sens de l’odorat, on y voit la jeune femme tresser une couronne de fleurs. La Licorne impassible observe la scène. Harmonie, ordre et beauté.

La constellation de la Licorne contient une nébuleuse située à 2600 années-lumière appelée l’Arbre de Noël. La puissance de cette évocation est encore plus enchanteresse lorsque l’on sait que cet amas de gaz et de poussières interstellaires est le lieu de naissance d’étoiles scintillantes.

La couleur verte es associée à la Licorne, elle évoque les sylves enchantées et évanescentes de la mythologie médiévale, les senteurs vivifiantes des majestueux conifères. Le parfum unique et précieux du bois d’Hinoki dans lequel se mêlent des notes de résines est là pour nous rappeler que sa corne était autrefois réservée aux rois en raison des pouvoirs surnaturels qui lui était attribués.

Aiguilles de sapin, bois d’Hinoki,menthe se mêlent intimement pour composer les arômes recherchés des vastes forêts givrées. Lorsqu’on se laisse porter par son parfum unique, on entend un murmure mystérieux bruisser « A mon seul désir »

Feu d’agrumes

Animal mythologique, le Dragon déploie ses ailes aussi bien sur le lointain Orient que sur l’Occident. On raconte que lors d’un combat, la déesse Athéna a attrapé un dragon par la queue, l’a fait tournoyer au-dessus d’elle, puis l’a envoyé se figer parmi les étoiles. Depuis, la constellation du Dragon s’enroule autour de l’étoile Polaire.

Le Dragon fut aussi le gardien du jardin des Hespérides où le breuvage parfumé des dieux, l’ambroisie, coule à l’abri d’un arbre fabuleux dont les fruits sont des pommes d’or tout aussi étincelantes que l’animal qui en a la garde.

Ardent, le Dragon laisse jaillir le feu, l’énergie de vie et de plénitude. La bougie qu’il a inspirée est un bel objet : l’or, le rouge et le noir se combinent pour rappeler le mariage du ciel rougeoyant, de la terre et de la clarté matinale.

Le Dragon cosmique est porteur de lumière, de chaleur. Oiseau et serpent, il a inspiré à diptyque un parfum boisé adoucit par le crépitement d’une écorce d’orange jetée au feu. Les agrumes d’Italie apportent une note solaire et lumineuse à l’arôme de bois fumé. Les épices chaleureuses parachèvent ce mélange pour donner naissance à un effluve unique, à la fois chaud et vibrant. A l’image de cette fabuleuse créature qui appartient au ciel comme à la terre, Feu d’agrumes s’enracine dans le bois fumé et s’élève vers l’azur par la légèreté acidulée des fruits orangés.

Larmes d’encens

Oiseau mythique dont l’origine se perd dans la nuit des temps, le Phénix est l’archétype de la créature parfaite. Unique dans son espèce, il a le don de se régénérer lui-même. Lorsqu’il atteint cinq cent ans, le Phénix se construit un nid qu’il garnit de feuilles de Lauriers, de brins de Nard doux, de morceaux de Cannelle et de Myrrhe nous dit Ovide dans ses Métamorphoses.  C’est aux milieux de ces arômes suaves et subtiles qu’il achève sa vie. Ses ailes s’enflamment et lorsque la combustion prend fin, un nouveau Phénix jaillit des cendres encore chaudes et odorantes. Le Phénix ne vit ni de fruits ni d’herbes, mais se

nourrit de résine d’Encens, joliment comparée par le poète à des larmes, et du suc d’une rare plante aromatique.

Quelle autre créature mythique aurait pu inspirer à diptyque ces volutes d’encens et de myrrhe enrobées d’une cannelle ardente ?

Le bleu de la bougie symbolise l’azur, mais aussi l’immortalité de cet animal fabuleux qui avait, dit-on, la faculté de lire dans les cœurs.

Disponible fin nomvembre 2017