Home ModeFashion Week « Première Lumière » : la collection automne-hiver 2016 2017 signée Julien Fournié

« Première Lumière » : la collection automne-hiver 2016 2017 signée Julien Fournié

by Lisa Scherrer
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Une étincelle d’espérance dans un chaos de grande dimension

 

Julien Fournié a présenté sa collection automne-hiver 2016-2017, mardi, à l’oratoire du Louvres. Le couturier français nous a offert un voyage dans l’espace-temps sur une terre que nous connaissons très bien : la planète Terre.

Que sommes-nous réellement sur terre ? L’humanité ne serait-elle plus que lointain souvenir ? Quelle est cette dimension étrange où violence et haine règnent de manière nocive ?

« Première Lumière » est l’œuvre d’un couturier touché par les évènements tragiques assombrissant peu à peu la vie, mais qui croit en l’amour et à l’humanité, et s’efforce de donner vie à sa petite étincelle d’espérance.

Le compte à rebours est lancé. La planète terre s’éteint bientôt et les battements du cœur raisonnent comme un coup de panique … Angoisse et questionnement émanent de cette ambiance volontairement sombre dans laquelle pureté angélique et noirs tristesse sont déstabilisés par des rouges bordeaux écorchés et assaillants.

Tous les éléments de l’humanité sont représentés : la bienveillance et l’innocence nude, la noirceur et l’égoïste insensibilité en noir. Puis le mal fait son apparition sur toutes les autres créations : les broderies scintillantes tamisées par des voiles évoquent la «  matière noire », le chaos véritable s’installe à travers les gouttelettes brillantes et autres gribouillis en coup de pinceau. Il y a un peu de mal et un peu de bien …

Les corps sont magnifiquement sublimés grâce à une déclinaison des techniques du « contouring ». La rigueur architecturée des manteaux est contrebalancée par la féminité de bijoux fondus, qui évoquent le temps.

Les parures et broderies se veulent d’abord scintillantes pour évoquer les chatoiements des nébuleuses, ensuite elles deviennent stalactites de cristal grenat, puis, se fondent en toute discrétion sur des camaïeux de nude pour accentuer le morphing des corps.

Cette quatrième dimension appelle notre œil : cette galaxie vestimentaire raconte une histoire, une histoire qui risque de devenir réalité dans un futur proche, et la raconte avec noblesse et grandeur grâce à la qualité des tissus.

Les chemisiers sont en triple organza de soie, en organdi de coton ou en cuir affiné à l’extrême. Ils intègrent les soufflets des uniformes de l’espace et s’incrustent de manchettes autour de poignets volantés ou de flèches dans les cols asymétriques. Les jupes longues et la doublure des manteaux de Mohair sont en dentelle Sophie Hallette. Et l’ensemble des coupes sont soulignées d’assemblages anatomiques : mousseline, Georgette ou jersey de soie.

« Première Lumière » est une perspective éclairée dont le message est clair : seul l’amour peut transcender l’espace-temps et sauver l’univers.

Ce défilé est le fruit délicieux d’un travail audacieux ainsi que d’une sensibilité retranscrite dans les créations. Le couturier français a su à son échelle dépeindre une réalité remplie de tristesse tout en communiquant son optimisme et sa croyance en l’Homme. Les concepts de la mode ont été hautement révolutionnés pour un effet surprise total.

Photos par Claire Guillon pour Luxsure

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