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Interview de Laurence Nicolas, présidente de Dior Horlogerie

by pascal iakovou
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Quand l’horlogerie Dior est-elle née et comment Dior Horlogerie a-t-elle évolué depuis ?
Dior a lancé ses premières collections de montres en 1975. À l’époque, elles étaient d’inspiration très classique et sans lien particulier avec le style de la Maison.
Dans les années 2000, les montres Dior sont devenues des accessoires de mode en phase avec les collections de prêt-à-porter féminin, grâce notamment à des bracelets interchangeables coordonnés aux tissus des collections de prêt-à-porter.
En 2001, Dior a décidé de se doter de sa propre unité de fabrication, au sein du berceau de l’horlogerie suisse, à La Chaux-de-Fonds. Dior Horlogerie ouvre alors un nouveau chapitre de son histoire.
En 2003, la Maison confie à la créatrice de la joaillerie Dior, Victoire de Castellane, la réalisation de sa première montre, La D de Dior, inspirée d’une montre d’homme des années 70, qu’une femme lui aurait empruntée pour toujours penser à lui. Cette collection a été l’occasion d’injecter dans l’horlogerie Dior des codes joailliers tels que l’or, les diamants et les pierres ornementales.
En 2004, c’est la naissance de Chiffre Rouge, montre classique, exclusivement sur mouvement automatique, revisitant les codes de Dior Homme : forme épurée, rouge, noir, asymétrie, cicatrice.
En 2005, création de la Dior Christal, avec son esthétique colorée aux codes de la mode féminine, détournant le cristal saphir, habituellement utilisé sur les glaces des montres, en élément ornemental.
Depuis 2008 et l’introduction d’un calibre Tourbillon dans la collection Dior Christal, l’horlogerie Dior prouve chaque année sa capacité à puiser dans les codes de la Maison et à surprendre, avec l’introduction de nouveaux mouvements et de nouvelles esthétiques. 2011 est l’année de naissance de Dior VIII, notre 4e ligne horlogère, inspirée des codes de la maison Dior.

Quel est l’ADN de l’horlogerie Dior ? Y a-t-il une différence entre Dior Horlogerie et ses concurrents ?
L’horlogerie Dior a vocation à puiser dans le patrimoine d’une maison de haute couture, avec ce que cela comporte d’élégance intemporelle (qui ne se démode donc jamais), à savoir : féminité, créativité, savoir-faire, qualité, excellence dans l’exécution, raffinement des matières et des détails. Ainsi, l’envers des montres est traité avec la même exigence qu’une doublure de robe ou que l’intérieur d’un sac : les masses oscillantes se sophistiquent ; elles se couvrent de laque ou de nacre et deviennent, lorsqu’elles sont placées sur le cadran, résille ou éventail de plumes.

Est-ce l’une de vos priorités de créer des pièces d’horlogerie à complication ?
Nous n’avons pas vocation à être une manufacture, mais une maison de haute couture parisienne qui fait de l’horlogerie d’exception. Les mouvements que nous intégrons à nos créations doivent avant tout servir une volonté artistique et créative. Le calibre « Dior Inversé » en est l’exemple le plus parlant.

En quoi la clientèle Dior Horlogerie se démarque-t-elle des autres ?
Nos clients cherchent une alternative aux manufactures classiques et peut-être avant tout une esthétique créative, qui est devenue notre signature.

Quelle image, quel message véhiculent les montres Dior ?
Un luxe parisien, raffiné jusque dans ses moindres détails, combiné à une expertise suisse. L’horlogerie Dior pourrait être le mariage d’une élégante Parisienne de l’avenue Montaigne et d’un horloger suisse.

Comment Les Ateliers Horlogers et les créateurs travaillent-ils ensemble ?
Toute la création vient de nos studios de l’avenue Montaigne. Les Ateliers Horlogers étudient ensuite la faisabilité technique d’une vision artistique. Ils procèdent à la recherche des partenaires les plus experts, capables de retranscrire ces idées dans les cadrans, les mouvements, les boîtes ou les bracelets.

Pouvez-vous nous parler de Dior VIII ?
Dior VIII est née de la volonté de créer une ligne qui se rattache à la maison Dior dans son ensemble et non à un univers particulier. Elle puise ses racines dans une citation de Christian Dior qui disait : « Je voulais être architecte ; étant couturier, je suis obligé de suivre des lois, des principes d’architecture. » La structure pyramidale de son bracelet est inspirée de celle du tailleur Bar (épaules ajustées, taille cintrée et hanches amples). Son nom, quant à lui, évoque le chiffre fétiche de Monsieur Dior qui, superstitieux, avait ouvert sa maison dans le VIIIe arrondissement de Paris, le 8 octobre 1946, et dont la première collection s’appelait « en huit ».

La collection est la métaphore d’une garde-robe féminine, composée de versions « jour », de versions « cocktail » (avec des baguettes de couleurs) et de versions « soir » (avec les « Grand Bal »).

Pouvez-vous nous parler des nouveautés Dior VIII en 2012 ?
L’histoire Dior VIII, commencée l’an dernier, se poursuit et, naturellement, à l’instar du tailleur Bar qui en est la source d’inspiration première, propose de nouvelles versions en céramique blanche. Christian Dior disait : « Le blanc est pur, simple et se marie avec tout. » Le blanc, dans une maison comme Dior, a une signification toute particulière, car c’est la couleur de la toile, le point de départ fondamental de la construction d’une robe. « Avec ses lignes, ses volumes, ses ombres, ses lumières, la toile est devant moi. Je ferai tout, d’après celle-là… », disait encore Christian Dior. Nous poursuivons par ailleurs l’histoire du noir et proposons un nouveau diamètre 28 mm, des lunettes diamants en « serti neige » et renforçons l’histoire du calibre « Dior inversé » débutée l’an dernier.
Christian Dior a écrit : « Le noir et le blanc pourraient suffire, mais pourquoi se priver de la couleur ? Les couleurs sont merveilleuses et vous mettent en valeur. » Il nous semblait donc indispensable d’exprimer la couleur sur Dior VIII. Nous lançons donc des versions dont le cadran est ourlé d’un fil de pierres de couleur, des versions Grand Bal Pièce Unique dont la masse sur le dessus du cadran est ornée de nacre ou teintée ou de pierres ornementales, des versions Grand Bal, dont la masse est faite de plumes roses. On retrouve également la couleur sous la forme de laque apposée sur les masses à l’arrière de certaines montres, de lunettes en baguettes d’aigues-marines, rubis, améthystes et péridots et de glaces de fonds de boîtes en glace saphir coloré.

Pouvez-vous nous parler de la collection Dior Pièce Unique et de ses nouveautés 2012 ?
Depuis 2010, nous créons chaque année une collection de pièces uniques dites « Dior Pièce Unique », dont le dessin est la retranscription horlogère d’une robe de l’héritage Dior. Cinq d’entre elles ont été présentées à Bâle et cinq autres verront le jour pour La Biennale des Antiquaires de Paris, en septembre. Sur chacune d’entre elles, les couleurs, les plissés des bracelets, le travail du cadran (en serti ou marqueterie) et les masses oscillantes sont liées au patrimoine de la Maison.

Pouvez-vous nous parler de Dior Christal et de ses nouveautés 2012 ?
Dior Christal s’offre un nouveau visage en reprenant désormais les attributs horlogers de Dior VIII à son actif. Elle conserve son élément distinctif (qui lui a donné son nom), qu’est le détournement du cristal saphir, matériau d’ordinaire utilisé pour les glaces des montres, en élément décoratif. Apposé sur la lunette et les maillons pyramidaux du bracelet, le cristal saphir permet toutes les couleurs.

Ainsi, en 2012, Dior Christal s’habille d’un rouge vif (que Christian Dior qualifiait de « plein de jeunesse et de gaieté ») et d’un violet intense (« la reine des couleurs », selon Christian Dior). En versions 33 ou 38 mm, lunette sertie de diamants ou cadran ourlé de diamants, chacune se décline en quatre modèles.

Pouvez-vous nous parler de La D de Dior et de ses nouveautés 2012 ?
La D de Dior s’inscrit toujours plus profondément dans les codes de la joaillerie Dior en proposant de nouveaux cadrans en pierres dures : turquoise et jade en 25 mm, lapis-lazuli, sugilite et turquoise en 19 mm. Elle propose également des versions aux couleurs extravagantes : les cadrans sont pavés de tourmalines Paraïba, de saphirs roses et de tsavorites en serti neige. Associés à l’or et à un bracelet en lézard fluo, ils créent un joyeux contraste visuel. Une version 38 mm or rose et fond de cadran nacre et une version 38 mm au fond de cadran en opale viennent agrémenter la ligne. La Biennale des Antiquaires à Paris, en septembre, sera également l’occasion de dévoiler une pièce unique tout diamant.

Pouvez-vous nous parler de Chiffre Rouge et de ses nouveautés 2012 ?
Chiffre Rouge A05 (avec son mouvement automatique chronographe chronomètre certifié COSC) renaît sous une nouvelle forme alliant les attributs horlogers traditionnels à un nouveau dessin. Côté création, les proportions ainsi que l’intégration boîte/bracelet ont été retravaillés. Côté horloger, l’arrivée d’une glace anti-reflet, de finitions horlogères du cadran et d’une couronne vissée la parachèvent. Afin de poursuivre l’histoire du calibre « Dior inversé » sur Chiffre Rouge initiée en 2011 avec la M01, deux nouvelles pièces M05 ont été créées, plaçant sur le dessus du cadran d’une montre entièrement noire, une masse oscillante noire ou rouge en or 22 carats, ajourée et fonctionnelle. Enfin, deux nouveaux modèles de Chiffre Rouge en éditions limitées de 200 pièces (C01) dévoilent de nouvelles petites complications horlogères plaçant sur le cadran de la montre 3 indications : réserve de marche, jour et date rétrograde.
Vous avez déjà proposé un tourbillon semblable à de la dentelle en 2008, un mouvement mystérieux en 2009 pour évoquer la transparence des jupons de robes, le calibre « Dior 8 fuseaux horaires » en 2010 inspiré de l’art cinétique. Si l’on parle de mouvements, lequel, en 2012, doit retenir notre attention ?
2012 est le premier anniversaire du calibre déposé « Dior inversé », développé en partenariat avec la manufacture Soprod en 2011. « L’élégance est un tout, et ce qui ne se voit pas compte autant que ce qui se voit », disait Christian Dior. La masse oscillante, qui remonte le mouvement et qui est traditionnellement cachée sous la boîte, est ici placée sur le dessus du cadran et devient un décor animé évoluant sur le cadran, même lorsque la montre est remontée.

C’est la volonté de pousser toujours plus loin l’idée d’une technique et d’une innovation avant tout au service de la création. Ce mouvement, dont la masse oscillante fonctionnelle est ajourée et sertie, parfois même composée de plumes, rend hommage au travail du couturier, pour qui la doublure doit être aussi belle que la robe elle-même. Imaginée par les studios de l’avenue Montaigne pour évoquer le tournoiement d’une robe de bal, ce calibre est, cette année, décliné dans les Dior VIII Grand Bal (en une résille ajourée et sertie de diamants, en éventail de plumes, de jade, d’opale ou de nacre) et Dior VIII Grand Bal Pièce Unique (aux couleurs flamboyantes des pierres ornementales et précieuses), ainsi que dans les Chiffre Rouge. Techniquement, ces masses, parfois ajourée à 90 %, sont une prouesse, car leurs différents dessins nécessitent un recalcul total de l’inertie.

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