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David Foenkinos fait parler John Lennon

by Elisa Palmer
2 comments

Lennon
David Foenkinos
Plon
Octobre 2010
Prix : 18 euros


Paris, le 3 janvier 2011,

Le 8 Décembre 2010, j’avais choisi de pleurer la mort d’un certain « John Winston Ono Lennon », par le biais de 18 séances fictionnelles/fantasmatiques entre le fondateur des Beatles et son psy.

www.rockone.fr

Un livre à la première personne, qui rend un hommage tout à la fois brillant, érotique et vibrant, à l’une des figures incontestées de la scène rock et – plus généralement – de ce xxe siècle.

< Extraits de confidences (à la manière d’un Foenkinos) >

Première séance :

« Est-ce que sans la drogue je serais passé de Love me do à I am the Walrus ? Je ne sais pas. Peut-être que tout était là, en moi. Et que me soûler à l’eau aurait tout autant fait l’affaire. Je ne peux pas le savoir. Personne ne peut faire marche arrière dans ses veines. »

Love Me Do – #1 Beatles Now

I Am the Walrus – Best of the Beatles Box Set Vol. 2

Cinquième séance :

« Il est physiquement impossible d’être aussi connu que moi et d’être adulte. »

Sixième séance :

« Si je suis ce que je suis, c’est parce que Elvis a été ce qu’il a été… Tout cela est intimement lié à ma mère. Quand j’ai renoué avec elle, on s’est mis à sortir un peu. Elle est devenue mon héroïne absolue. Elle me fascinait. Elle était si belle, si libre, si folle. Elle était comme une grande soeur pour moi. Elle parlait assez librement de ses désirs, ce qui me gênait parfois, mais au fond je crois que j’aimais qu’elle me choque. »

Don\’t Be Cruel – Elvis Presley

« On a fait le Ed Sullivan Show, l’émission la plus importante du pays. On a explosé le record d’audience… Juste avant qu’on se mette à jouer, Sullivan a lu un message d’Elvis. Il nous souhaitait la bienvenue, alors que ça le faisait chier qu’on se pointe dans son pays… Des années plus tard, on a appris qu’il avait carrément cherché à nous nuire. Il a écrit à Nixon pour dire qu’on se droguait et qu’on était antiaméricains. Mais on s’en fout, c’était de bonne guerre. On avait détrôné le roi. »

www.lessignets.com

« Mimi, ça la rendait folle de me voir comme ça… Ce qui la rendait folle, c’était la guitare. Elle disait que ça ne mènerait à rien, que je perdais mon temps. Sa phrase exacte, qui est restée célèbre, c’était : « La guitare c’est bien joli, mais ce n’est pas avec ça que tu gagneras ta vie. »

Septième séance :

« La violence de notre désintégration est à l’image de notre succès. Une désintégration planétaire. C’est exactement ça : nous avions une histoire d’amour avec le monde. Ça complique forcément les choses. Surtout quand on sait que, une histoire à deux, c’est déjà beaucoup d’emmerdes. »

Huitième séance :

« C’est à ce moment-là que Pete Best a intégré le groupe… On a été de beaux salauds avec lui aussi. Enfin bon, c’est pareil dans tous les groupes de rock. Il y a des cadavres entre les mélodies. »

Douzième séance :

« Les parents inquiets de l’hystérie de leurs enfants ont été rassurés de nous voir… Je suis certain que notre succès vient de là : nous étions comme une folie maîtrisée. Une révélation douce. Nous étions à la fois subversifs et respectueux. C’était comme s’introduire dans une maison, baiser la fille au premier étage, mais avant de faire ça, on aurait pris soin de bien s’essuyer les pieds sur le paillasson. »

Quinzième séance :

« L’héroïne a sûrement accentué notre nécessité d’être inséparables. »

« Quand on a toutes les femmes que l’on veut, quand la sensualité est un pays parcouru en tous sens, alors le terrain de désir se déplace… Vers tout ce qui n’est pas un matin comme un autre… »

www.poster.net

Dix-septième séance :

« Quand Yoko était là, le monde entier pouvait saigner que ça ne me touchait pas. »

Dix-huitième séance :

« Voilà, je vous ai raconté ma vie… Pour la première fois, j’ai mis des mots sur tous les événements… J’ai l’impression d’avoir mille ans. Et pourtant, je me sens jeune aujourd’hui. J’ai quarante ans, et je suis un enfant. »

Un cadeau de Noël, terriblement rétroactif.

Elisa Palmer

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2 comments

flouze 23 janvier 2011 - 13 h 43 min

ça fait du bien de te lire… de m’instruire et de ne pas devenir complètement has been au niveau culturel…
please never stop…
au plaisir de pouvoir te lire et te relire librement…

Elisa Palmer 13 mars 2011 - 20 h 52 min

Du silence naît tout ce qui vit et dure…
Au plaisir de te laisser me lire.

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