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Ils de Franck Delorieux

by Prudence DAvril
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Ils
Franck Delorieux
Le Temps des Cerises
Les Lettres françaises
10 Euros

Insomnie – Jolie Chérie

Sex appeal – Sexy Sushi

Cover My Face – Lilly Wood And The Prick

Samedi 4 décembre, Paris

« Ils » parce qu’ils sont – profondément – deux.

Crédit : Prudence d'Avril

Lors d’un rapport sexuel, deux corps se finissent ensemble. Cela dure depuis 89 pages, et se lit en moins de deux heures. Petit conseil de lecture, je préconise de parcourir les pages d’ « Ils » plutôt le matin que la nuit venue (question de sommeil). L’ouvrage ne prend pas de pincettes, aucunes, et parle crûment de « sexe », de « verge », de « queue », de « membre », de « bite », et de « pine », parce que « la langue (française) oublie parfois qu’elle est un organe ».

C’est d’une violence délicieuse et inouïe dans le plaisir qu’ils prennent à jouer ensemble, et pire encore dans celui qu’on prend avec eux. Car, confidence pour confidence, avouons le, on prendrait presque goût à être de la partie. En fait, en filigrane, on y est déjà, puisque Franck Delorieux est bien décidé à ne pas lâcher notre main… « Sois dedans, et tais-toi », c’est somme toute un peu de cela qu’il s’agit.

Crédit : Prudence d'Avril

Si le livre fait focus sur ces deux hommes qui font l’amour ensemble, en parallèle, l’auteur nous raconte aussi, sous la forme de courtes parenthèses, d’autres nuits de cajolerie/plaisir, qui se développent façon background de la scène de sexe centrale. Il y a donc aussi toutes ces rencontres voilées, autour d’hommes sans visage, qui ont lieu et prennent sens dans d’obscurs lieux de désir.

D’habitude, l’homme parle, mais ici seuls les corps ont droit de parole, et on les écoute, à grand bruit, s’abandonner à la chair ardente et s’exprimer dans une cruauté sensuelle. De corps à corps gémissants en fougue sexuelle, il n’y a pas de « off », et rien ne se tait jamais. Dans un décor bestial, sec et violent, les jeux se font, et les épisodes narrés prennent donc forcément une portée transgressive lyrique et poétique. C’est dans cette perspective indiscrète mais réellement participante, que Franck Delorieux – sans même (nous) demander notre avis – pose, voire impose, le désir.

Un bien bel exploit de la part de l’auteur, que celui de nous tirer avec lui dans ces effluves emotives chargées de sexe et de plaisir, surtout quand – pour une fois – on en demandait si peu.

Prudence d’Avril

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