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Nine, l’indigestion à l’italienne

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On dit que derrière chaque grand homme se cache une femme. Derrière Guido Contini, réalisateur italien alternant navets et chefs-d’oeuvre, il s’en cache neuf (même si à la fin du film, on a beau se creuser la tête on en compte que sept).
La trame ? Peur panique de la feuille blanche, angoisses d’un cinéaste que les critiques attendent au tournant, un film qui à dix jours du tournage n’a toujours pas de scénario et surtout un manque d’inspiration évident de la part de Guido, magnifiquement interprété par Daniel Day Lewis.
En pleine crise existentielle, l’artiste tourmenté fait défiler le casting des femmes qui ont, de son enfance à aujourd’hui, marqué sa vie, l’ont influencé ou troublé, d’une façon ou d’une autre.
Sous fond de comédie musicale, rythmée par des chansons manquant cruellement de profondeur, Nine nous fait subir pendant près de deux heures un vulgaire vaudeville à la sauce Fellinienne.
Nicole Kidman, qui incarne l’actrice vedette de Contini fait quelques brèves apparitions, tout comme Fergie dans le rôle de la catin de son enfance qui se déshabillait pour quelques pièces récoltées avec ses camarades de classe. La chanteuse des Black Eyed Peas, censée incarner le fantasme à l’italienne par excellence et qui se révèle avoir autant de charisme qu’une huître (et c’est peu dire), a davantage des airs de Pigalle que de Cinecittà.
Comme d’habitude, rien à redire au jeu de Marion Cotillard, touchante dans le rôle de femme trompée et désillusionnée par un mariage raté. Marion Cotillard à qui l’on doit d’ailleurs les seules misérables minutes du film où l’on ne se tracasse pas l’esprit à savoir si on ne devrait pas suivre les spectateurs que l’on voit détaler comme des lapins depuis le début de la séance.
Quant à la pétillante Penelope Cruz qui complète le couple Cotillard-Day Lewis, est tout bonnement géniale en maîtresse hystérique et capricieuse, prête à tout pour avoir le premier rôle, le tout avec un charme et un humour qui sauvent quelque peu le film du naufrage.
Sorti de la salle, il n’est pas aisé de savoir à qui on en veut le plus : au scénariste, aux paroliers (si de paroliers il a été question) ou tout simplement à Rob Marshall qui nous a pondu un film aussi vide, inutile, aussi dénué d’émotion et de profondeur que celui-ci.

Andréa Ottaviani

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