Home Food and WineMatsuhisa Paris passe à l’emporté : la cuisine nikkei du Royal Monceau sort de ses murs

Matsuhisa Paris passe à l’emporté : la cuisine nikkei du Royal Monceau sort de ses murs

by pascal iakovou
0 comments

Le restaurant de Nobu Matsuhisa au Royal Monceau – Raffles Paris lance son service click & collect. La question n’est pas logistique. Elle est philosophique : le ceviche nippo-péruvien d’un palace avenue Hoche résiste-t-il au déplacement ?

Il existe un paradoxe dans l’idée même de la cuisine de palace à emporter. La magie d’un repas chez Matsuhisa Paris tient autant à la salle — ses boiseries, sa lumière tamisée, le ballet silencieux du service — qu’à ce qui arrive dans l’assiette. Retirer la cuisine de ce cadre, c’est la mettre à l’épreuve d’une vérité nue : vaut-elle par elle-même, sans l’apparat ?

La cuisine nikkei comme objet transportable

Le Nikkei — cette fusion nippo-péruvienne née dans les communautés japonaises du Pérou au tournant du XXe siècle, popularisée mondialement par Nobu Matsuhisa — présente, en réalité, des caractéristiques favorables au format à emporter. Les ceviches tigrés, les tartares assaisonnés au yuzu, les tempuras légères : autant de préparations dont la lisibilité gustative ne dépend pas du minutage d’une salle. La cuisine nikkei est une cuisine de matière, de contraste, d’acidité — des qualités qui voyagent mieux que les sauces longues d’une cuisine française classique.

Le Royal Monceau – Raffles Paris, palace de l’avenue Hoche inauguré en 1928 et remodelé par Philippe Starck en 2010, héberge Matsuhisa depuis son repositionnement. La table est l’une des rares adresses parisiennes où la cuisine japonaise sort du registre de la sushiya pour embrasser la complexité d’une tradition hybride.

Ce que le palace autorise, désormais

L’entrée du palace dans le format click & collect signale une volonté de toucher une clientèle qui fréquente Matsuhisa Paris sans nécessairement y déjeuner — les riverains du 8e arrondissement, les actifs du quartier, les adeptes du restaurant qui ne peuvent y consacrer un déjeuner assis. C’est une extension de la Maison vers la ville, sans dévaluation de l’expérience en salle.

Le service à emporter devient ici un acte de séduction, non de démocratisation. La cuisine nikkei du Royal Monceau ne change pas de nature en changeant de contenant. Elle change simplement de territoire.

Cette publication est également disponible en : English (Anglais)

Related Articles