Hublot à Saint-Tropez : le luxe comme couleur

by Pascal Iakovou
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Depuis 2017, Hublot a fait de Saint-Tropez son laboratoire estival. Non pas parce que la ville est un marché stratégique — c’en est un, bien sûr — mais parce qu’elle est un décor idéal pour une expérience que la marque genevoise cultive avec constance : celle du luxe vécu plutôt qu’exposé.

Le 17 juin 2026, sur les quais où s’amarrent les plus beaux voiliers de la Méditerranée, Hublot a présenté ses créations estivales sous l’intitulé « L’Art de la Céramique Pastel ». Le titre est presque un programme : il ne s’agit pas d’horlogerie au sens strict — de complications, de calibres, de certifications de précision. Il s’agit de couleur. De matière. De la montre comme accessoire de mode dans ce qu’il y a de plus élaboré dans le terme.

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La céramique comme défi artisanal

Travailler la céramique en horlogerie est une chose. La travailler dans des teintes pastel — rose poudré, bleu ciel, vert sauge, sable — en est une autre. La céramique est par nature un matériau capricieux : sa coloration demande une maîtrise des températures de cuisson et des pigments que peu de manufactures horlogères possèdent. Hublot, qui a fait de l’innovation matérielle l’une de ses signatures depuis ses débuts, excelle dans cet exercice.

Les nuances pastel obtenues pour cette collection estivale ne sont pas des teintes pré-mélangées : elles résultent d’un processus de recherche et développement propre à la manufacture de Nyon, où les équipes matériaux travaillent avec la même rigueur scientifique qu’un laboratoire pharmaceutique. Le résultat est une palette douce mais intense — des couleurs qui semblent avoir absorbé la lumière méditerranéenne.

Saint-Tropez comme état d’esprit

Le choix de Saint-Tropez pour présenter ces pièces n’est pas innocent. La ville, depuis Brigitte Bardot et Roger Vadim, est devenue un mythe plus qu’un lieu — un lieu où la décontraction et l’excellence coexistent sans se contredire, où l’on peut porter une montre qui vaut le prix d’une voiture avec un simple tee-shirt blanc sans que cela choque personne.

C’est précisément ce registre qu’Hublot cherche à occuper avec ses éditions estivales : le luxe visible mais détendu, le bijou qui se porte à la plage sans ostentation et au dîner sans effort. La céramique, matériau léger, résistant aux rayures, confortable sur la peau par forte chaleur, est idéale pour ce registre.

Le temps libre comme thème

Il y a quelque chose de paradoxal dans l’idée d’une montre estivale — un outil de mesure du temps destiné précisément à ceux qui, le temps d’un été, cherchent à s’en affranchir. Hublot joue sur ce paradoxe avec une conscience aigüe : la montre d’été n’est pas là pour rappeler les rendez-vous. Elle est là pour ponctuer la lumière, pour marquer non pas les heures mais les tonalités du jour — le bleu du matin, l’or de l’après-midi, le rose du coucher de soleil.

Les éditions pastel de 2026 sont produites en quantités limitées. Ce qui est rare s’apprécie, et ce qui s’apprécie peut se contempler. À Saint-Tropez, en juin, cela ressemble à une philosophie.

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