Une montre de plongée dont la lisibilité repose autant sur la chimie des matériaux que sur la lumière qu’ils laissent passer. La collection SCUBAQUA de Swatch évolue ici par touches précises : nouveaux coloris, intégration d’un système de paiement, et surtout une hybridation assumée entre biocéramique opaque et polymères biosourcés translucides.
L’objet repose sur une construction simple en apparence : un boîtier de 44 mm combinant biocéramique blanche mate et éléments transparents issus de matériaux biosourcés dérivés de l’huile de ricin. Ce contraste n’est pas décoratif. Il structure la lecture de la montre. Les parties opaques stabilisent la perception du cadran ; les sections translucides diffusent la lumière et modifient la profondeur visuelle selon l’angle. Le résultat évoque moins un effet de surface qu’un volume en suspension, proche des organismes marins qui inspirent la collection.
Cette référence au vivant n’est pas nouvelle chez Swatch, mais elle prend ici une forme technique. Les lunettes, cadrans et bracelets exploitent des polymères translucides dont la coloration est intégrée à la matière. Les index et chiffres sont imprimés en blanc, avec traitement luminescent pour assurer une lecture nocturne. L’ensemble repose sur un principe fonctionnel classique en horlogerie de plongée : contraste élevé, repères larges, et lisibilité immédiate, renforcée ici par la diffusion lumineuse des matériaux.
Autre élément structurel : la couronne positionnée à dix heures. Ce choix, historiquement utilisé sur certaines montres de plongée pour éviter les pressions accidentelles sur le poignet, modifie aussi l’équilibre visuel. Elle décentre l’objet, introduisant une asymétrie qui rompt avec les codes plus conventionnels du segment.
La résistance à dix bars inscrit la pièce dans une pratique aquatique accessible — baignade, snorkeling — sans prétendre à la plongée technique. Ce positionnement correspond à l’héritage des montres Swatch SCUBA, introduites dans les années quatre-vingt-dix, qui ont contribué à démocratiser l’esthétique de la montre de plongée dans un registre quotidien.
Quatre variations structurent cette extension : vert clair, bleu foncé, orange et rose. Chaque déclinaison conserve la même architecture mais modifie la perception globale par la teinte des composants transparents. Le modèle vert clair, par exemple, associe aiguilles ton sur ton et seconde bleue, créant une lecture différenciée du mouvement. Le bleu foncé privilégie un contraste plus sobre, tandis que l’orange et le rose accentuent la saturation visuelle, transformant la montre en surface lumineuse.
Deux versions intègrent la fonction Swatch Pay, permettant un paiement sans contact via une puce intégrée au boîtier. L’ajout reste invisible à l’usage : aucun élément extérieur ne signale la fonction. Ce choix s’inscrit dans une logique d’intégration discrète, où la technologie ne modifie pas la forme mais étend l’usage.
Depuis 1983, Swatch construit sa légitimité sur le plastique comme matériau horloger — non comme substitut, mais comme langage. La SCUBAQUA prolonge cette trajectoire en introduisant une dimension biosourcée et une réflexion sur la transparence. Ici, la matière ne sert pas seulement à fabriquer l’objet : elle devient le sujet même de la montre.
Le geste n’est pas artisanal au sens traditionnel. Il relève plutôt d’une ingénierie industrielle précise, où formulation des polymères, injection et coloration déterminent l’identité de la pièce. Une autre forme de savoir-faire, moins visible, mais tout aussi déterminante dans la manière dont un objet se donne à voir.





























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