Une aiguille rouge se dédouble. L’une poursuit sa course, l’autre s’immobilise. Le temps cesse d’être linéaire. Il devient mesurable dans son écart.
Avec la Carrera Split-Seconds Chronograph, TAG Heuer introduit dans sa collection historique une complication rarement abordée à cette échelle : la rattrapante. Un mécanisme conçu pour mesurer des intervalles simultanés, longtemps réservé à des pièces confidentielles en raison de sa complexité mécanique.
La Carrera, depuis son origine en 1963, s’est construite autour d’un principe de lisibilité et d’efficacité, directement hérité du monde automobile. Le modèle présenté ici ne rompt pas avec cette logique. Il la densifie. Le cadran, partiellement ajouré, laisse apparaître l’architecture du mouvement, transformant la lecture du temps en observation du mécanisme.
La construction repose sur un boîtier en titane grade cinq de quarante-deux millimètres, combinant surfaces polies et brossées. Ce matériau, plus léger que l’acier, permet d’absorber la complexité du mouvement sans alourdir l’ensemble. Le verre saphir bombé, dit « glassbox », prolonge visuellement le cadran et réduit les effets de parallaxe, un détail fonctionnel qui participe à la précision de lecture .
L’affichage du chronographe s’organise autour de trois compteurs. À trois heures et neuf heures, les totalisateurs minutes. À six heures, l’indication des secondes. L’ensemble est structuré par un jeu de contrastes entre surfaces translucides et éléments appliqués. Le cadran, en verre saphir, laisse filtrer la lumière jusqu’au mouvement, accentuant la profondeur de lecture .
Mais c’est au cœur de la pièce que se joue l’essentiel.
Le calibre TH81-01, développé en collaboration avec Vaucher Manufacture Fleurier, intègre la fonction rattrapante. Ce type de chronographe repose sur un système de double aiguille centrale permettant de mesurer des temps intermédiaires sans interrompre le chronométrage principal. L’une des aiguilles peut être arrêtée, puis relancée pour rejoindre instantanément l’autre.
La fréquence de cinq hertz — soit trente-six mille alternances par heure — place ce mouvement dans une logique de haute précision. Elle permet de mesurer le temps au dixième de seconde, tout en garantissant une stabilité de marche. La réserve de marche atteint soixante-cinq heures, un équilibre entre performance et usage quotidien .
La construction interne dépasse les trois cent cinquante composants, chacun fini selon plusieurs techniques. Anglage, polissage, alternance de surfaces mates et réfléchissantes : le mouvement n’est pas seulement fonctionnel, il est exposé. Le fond en verre saphir permet une lecture complète de cette mécanique, où la masse oscillante, ajourée en forme de blason, prolonge l’identité visuelle de la Maison .
Les poussoirs jouent un rôle central dans l’expérience. Ceux situés de part et d’autre de la couronne activent le chronographe, tandis qu’un troisième, positionné à neuf heures, contrôle la fonction rattrapante. Cette dissociation physique traduit la logique interne du mouvement : deux temporalités, deux commandes, une seule lecture.
Historiquement, la rattrapante appartient à une tradition horlogère liée à la mesure sportive et scientifique. Son intégration dans la Carrera n’est pas simplement une évolution technique. Elle réactive l’ADN de la collection, ancré dans la course automobile et la mesure des écarts.
La Carrera Split-Seconds Chronograph ne cherche pas à simplifier le temps. Elle en révèle la complexité. Elle montre que mesurer ne consiste pas uniquement à compter, mais à comparer, à superposer, à dissocier.
Dans cette pièce, la précision ne se limite pas à un chiffre. Elle devient une architecture visible.




































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