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Viva Agave 2026 : l’agave comme diplomatie culturelle à Paris

by pascal iakovou
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Un agave ne se presse pas. Il pousse lentement, parfois pendant huit, dix, quinze ans avant d’être récolté. À Paris, les 8 et 9 mars 2026, le festival Viva Agave propose de prendre ce temps-là au sérieux. Installé au Kube Hôtel, dans le dix-huitième arrondissement, l’événement se présente comme le premier festival français dédié aux spiritueux d’agave issus d’une longue tradition artisanale .

Tequila, mezcal, raicilla, bacanora et autres distillats mexicains y seront représentés à travers plus d’une vingtaine d’exposants, plus de cent références à découvrir et environ mille cinq cents visiteurs attendus . Mais l’enjeu dépasse la dégustation. Viva Agave se positionne comme un espace de filière, réunissant producteurs, importateurs, marques et acteurs culturels autour d’un même matériau : l’agave .

Le dossier rappelle que le cœur du salon reste la découverte des alcools mexicains, tout en ouvrant la programmation à d’autres distillats d’Amérique du Sud, dont le cocuy vénézuélien, encore peu exporté et majoritairement artisanal . Cette ouverture dit quelque chose du moment : l’agave n’est plus seulement un produit, mais un territoire élargi, traversé par des enjeux de biodiversité, de transmission et de reconnaissance.

La dimension pédagogique est centrale. Des masterclasses aborderont les terroirs et la biodiversité de l’agave, les savoir-faire traditionnels et les enjeux contemporains de la filière, avec des intervenants tels que Carina Soto, Tasha Iny ou Domingo García, ainsi que l’Association Mujeres del Maguey y el Mezcal . Le festival intègre également une “Vinatería”, définie comme une cave traditionnelle mexicaine dédiée à la production, la conservation et la transmission des distillats, pensée ici comme un espace éphémère de dégustation consciente . La précision lexicale importe : il ne s’agit pas d’un bar, mais d’un lieu de transmission.

L’édition 2026 coïncide avec la célébration des deux cents ans de relations diplomatiques entre la France et le Mexique . L’Ambassadrice du Mexique en France, Blanca Jiménez Cisneros, inaugurera le festival le 8 mars à 11h30 . En préambule, un dîner gala le 6 mars mettra en dialogue cuisine mexicaine contemporaine et vins français, sous la signature du chef Mauricio López (restaurant Milpan, Fontainebleau) . Le menu associe notamment tlacoyo de maïs bleu, sauce mole et suprême de volaille . L’agave se lit ici comme diplomatie par la table.

Autre axe fort : la mise en lumière du rôle des femmes dans la production des alcools d’agave. Un stand dédié à l’Association des femmes du mezcal et du maguey présentera les références de maestras productrices . Le documentaire Las Hijas del Maguey, projeté le 10 mars à l’Institut Culturel du Mexique, prolonge cette réflexion en documentant l’engagement du collectif Mujeres del Mezcal y Maguey de México .

La clôture, le 9 mars à 20h, prendra la forme d’une soirée au Kube Hôtel en collaboration avec La Mezcaleria, avec la participation du chef barman Julien Achille (Boubalé) . Un geste stratégique : créer un pont entre la scène agave internationale et l’écosystème des bars parisiens.

Viva Agave s’inscrit ainsi dans une dynamique plus large : celle d’un spiritueux devenu vecteur culturel. L’agave, plante de climat aride, trouve ici un autre sol. À Paris, il devient matière à dialogue, à transmission et à politique douce. Ce n’est plus une tendance. C’est une géographie en mouvement.

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