Après plusieurs décennies d’absence, Breitling revient en Formule 1 par le biais d’Aston Martin Aramco. Ce retour se matérialise par une Navitimer B01 Chronograph 43 en titane, limitée à mille neuf cent cinquante-neuf exemplaires — référence à l’année du premier essai d’Aston Martin en Grand Prix. L’objet n’est pas une célébration nostalgique. Il repositionne la Navitimer dans son rôle d’origine : instrument de mesure pour la vitesse.
En 1907, Léon Breitling présente le chronographe Vitesse, capable de mesurer des vitesses atteignant deux cent cinquante miles à l’heure. L’outil est si précis que la police suisse l’adopte pour verbaliser les excès de vitesse. Quarante-cinq ans plus tard, la Navitimer, conçue pour les aviateurs, intègre une règle à calcul circulaire permettant de calculer vitesse, intervalles de temps et consommation de carburant. Dans les années 1960, Graham Hill et Jim Clark, pilotes d’avion et concurrents en Formule 1, portent cette montre au poignet. Ils transposent ses fonctions du ciel au circuit.
L’allègement comme contrainte
Cette Navitimer inaugure l’usage du titane dans la collection — un matériau rarement employé par Maison Breitling sur ce modèle emblématique. Le boîtier de quarante-trois millimètres affiche treize virgule soixante-neuf millimètres d’épaisseur, pour un poids notablement réduit par rapport aux versions en acier. Le cadran en fibre de carbone, emprunté aux cockpits de voitures de course, se distingue par sa texture nervurée. Les index et aiguilles bénéficient d’un traitement Super-LumiNova renforcé, garantissant une lecture nocturne optimale — exigence partagée par les pilotes et les chronométreurs de piste.
Le bracelet en cuir texturé évoque les harnais de compétition. Les couleurs — vert Aston Martin Racing Green et accents vert citron — reprennent la livrée de l’écurie Aston Martin Aramco. Au verso, le fond saphir révèle le Calibre Manufacture Breitling 01, mouvement chronométré COSC avec roue à colonnes et embrayage vertical. Le rotor, spécialement développé pour cette édition, est en tungstène recouvert d’un revêtement PVD noir mat. On y lit le logo Aston Martin Formula One Team. Sur le fond du boîtier, deux inscriptions gravées : « One of 1959 » et « Instruments for Drivers ».
Convergence historique
Les trajectoires de Breitling et d’Aston Martin se croisent régulièrement depuis un siècle. En 1965, dans Thunderball, Sean Connery porte une Top Time au poignet — première montre-gadget modifiée par Q dans la franchise James Bond. La DB5 d’Aston Martin apparaît dans le même film. Ces deux objets contribuent à forger l’imaginaire de l’élégance technique des années 1960. Aujourd’hui, ce partenariat réactive un lien entre chronométrage de précision et performance automobile, sans nostalgie superflue.
La Navitimer B01 Chronograph 43 Aston Martin Aramco Formula One Team sera visible lors du Grand Prix d’Australie à Melbourne, du six au huit mars. Le partenariat, étalé sur plusieurs années, annonce d’autres créations communes. La montre rappelle que la vitesse, qu’elle soit mesurée ou maîtrisée, exige toujours la même rigueur.



















