L’entrée de DENZA sur le marché européen ne passe pas par un salon automobile. Elle passe par le Festival de Cannes, une maison horlogère genevoise fondée en 1860 et une vente aux enchères caritative. La stratégie mérite qu’on la regarde en face.
Il ne s’agit pas d’une collaboration de design. Il s’agit d’un calcul de territoire.
DENZA, filiale premium de BYD — le premier fabricant mondial de véhicules électriques, fondé à Shenzhen — prépare son introduction européenne en 2026 avec une gamme initiale de trois modèles. La Z9GT en est la pièce d’appel : trois moteurs électriques, 1 150 chevaux, recharge intégrale en neuf minutes grâce à la technologie FLASH Charging. Techniquement, le dossier est solide. Culturellement, il reste à construire.
C’est ici que Chopard entre en scène.
La Maison joaillière, partenaire officiel du Festival de Cannes depuis des années, apporte ce que ni la puissance de BYD ni la performance de la Z9GT ne peuvent s’acheter directement : une légitimité de provenance, une profondeur d’héritage, et la chaleur symbolique de l’or éthique. Depuis juillet 2018, Chopard est la première maison de luxe à utiliser 100 % d’or éthique dans la fabrication de l’ensemble de ses montres et bijoux. Son acier maison — le Lucent Steel™ — est composé à 80 % de matériaux recyclés. Des engagements qui précèdent les injonctions du marché et qui, adossés à la Z9GT, opèrent comme un certificat de valeurs.
Les détails de la collaboration sont parlants. Des pierres d’améthyste intégrées aux commandes du cockpit — non en décoration frontale, mais dans les surfaces tactiles, là où la main se pose. Le monogramme Chopard brodé sur les appuie-têtes. Un écran de 17,3 pouces habillé d’un thème Maison. Et deux montres conçues en miroir : une Happy Sport de 36 mm en or rose éthique 18 carats côté féminin, un Alpine Eagle de 41 mm côté masculin, le fond de boîtier gravé du logo DENZA. Des bagages confectionnés à la main par l’atelier Shiro complètent l’ensemble.
L’opération se conclut par une mise aux enchères au gala amfAR — la 32e édition de cet événement caritatif consacré à la recherche contre le sida, organisé dans la quinzaine cannoise. Ce choix n’est pas anodin. Le gala amfAR est l’une des rares soirées où l’acte d’achat ostentatoire se dote d’une dimension morale. La voiture ne sera pas vendue : elle sera donnée, puis adjugée au profit d’une cause. Sa valeur monétaire disparaît derrière sa valeur symbolique. C’est précisément ce que DENZA cherchait.
DENZA Z9GT : les données Motorisation : trois moteurs électriques — 1 150 chevaux — 0 à 100 km/h en moins de trois secondes. Technologie FLASH Charging : recharge complète en neuf minutes. Système audio : Devialet, 20 haut-parleurs. Écran : 17,3 pouces. Finitions intérieures : cuirs, bois, améthystes Chopard aux commandes. Lancement européen : 2026, trois modèles. Maison DENZA fondée en 2010, partenariat BYD / Daimler.
Caroline Scheufele, Directrice artistique et Co-Présidente de Chopard, décrit cette Z9GT comme « un bijou en mouvement, où chaque élément reflète notre passion pour le savoir-faire ». La formule est soignée. Elle dit aussi, en creux, ce que la collaboration exige de Chopard : prêter son langage à un objet qui n’appartient pas encore à son monde.
Reste la question que ni le communiqué ni la mise en scène cannoise ne formulent : DENZA sait-elle faire une voiture ? Sur le papier, les chiffres — neuf minutes de recharge, trois secondes au 0 à 100, Devialet à bord — répondent que oui. Mais le luxe automobile européen, celui de Stuttgart et de Maranello, ne se juge pas sur les fiches techniques. Il se juge sur la durée, sur les ateliers, sur les mains.
La Z9GT de Cannes est une déclaration d’intention. Élégante, précise, coûteuse à orchestrer. Dans dix ans, on saura si elle était aussi une fondation.






















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