Le marché du soin visage a passé deux décennies à perfectionner le masque tissu — texture, temps de pose, packaging individuel. Les mains, les bras, les pieds et les jambes en sont restés largement exclus, traités au mieux par une crème passée en fin de routine. MASQLY, Maison parisienne présentée en 2026, déplace ce savoir-faire vers ces zones, et la démonstration est venue vite : lors du Festival de Cannes 2026, ses masques ont figuré parmi les pièces les plus recherchées d’une suite cadeaux ouverte aux stars dans un hôtel Marriott de la Croisette, photographiés notamment avec Isabelle Adjani.
Le pari tient en une observation simple, formulée par la Maison elle-même : le visage a concentré toute l’attention de l’industrie beauté, quand les mains signent l’élégance, les bras révèlent la qualité de la peau, les jambes captent la lumière et les pieds complètent l’allure. Ce sont pourtant des zones exposées — aux frottements, aux pressions, au dessèchement — et rarement traitées avec la même intensité que le visage.
Trois années de recherche et développement séparent le constat du lancement. La Maison dit avoir travaillé avec des dermatologues, des esthéticiennes, des experts skincare, des professionnels de la beauté et des mannequins pour cerner les besoins réels de la peau du corps, notamment dans les contextes où son apparence devient déterminante — un podium, un tapis rouge, une saison de robes courtes.
La gamme de lancement tient en deux soins ciblés. Le Masque Anti-Âge Mains & Bras, en 72 grammes, se porte quinze à vingt minutes et revendique jusqu’à quarante-huit heures d’hydratation. Le Masque Anti-Âge Pieds & Jambes, en 100 grammes, se porte vingt à vingt-cinq minutes, avec la même promesse de durée. Les deux se retrouvent réunis dans un coffret, Le Rituel, pensé comme une expérience complète plutôt qu’une addition de deux produits.
La formule s’appuie sur quatre actifs revendiqués : la niacinamide, pour la texture cutanée et l’éclat ; l’acide hyaluronique, pour l’hydratation et le repulpage ; un extrait de criste marine, plante littorale, pour le renouvellement cutané ; un extrait de trémelle — ce champignon gélatineux utilisé en cosmétique est parfois surnommé l’« acide hyaluronique végétal » — pour la souplesse et l’élasticité. La segmentation générationnelle est assumée dans le discours de marque : hydratation et éclat pour les peaux jeunes, fermeté et lissage des ridules pour les peaux matures — une manière de vendre un même geste à deux publics sans le complexifier.
Ce qui distingue moins l’objet que le calendrier, c’est la manière dont la Maison a choisi de le rendre visible. Plutôt qu’une campagne classique, MASQLY s’est invitée dans le circuit du placement red carpet, terrain habituellement réservé aux soins visage et au maquillage. Le Parisien a consacré un article à cette « suite cadeaux » cannoise, où les masques de la Maison côtoyaient d’autres marques de beauté distribuées aux invitées. Le pari du corps comme nouveau territoire du soin se joue donc autant dans les laboratoires que sur une terrasse de palace en mai.
Deux innovations sont annoncées pour 2027 et 2028, sans détail à ce stade sur leur nature. Si le mouvement amorcé par MASQLY se confirme, le masque tissu — objet longtemps identifié au seul visage — pourrait devenir un langage cosmétique générique, appliqué zone par zone plutôt que pensé comme un rituel unique. Reste à savoir si le corps, moins visible au quotidien que le visage, tolérera la même discipline de vingt minutes.









Détail
Les deux masques signature partagent la même base active — niacinamide, acide hyaluronique, extrait de criste marine, extrait de trémelle — mais pas le même protocole. Mains & Bras : 72 g, pose de 15 à 20 minutes. Pieds & Jambes : 100 g, pose de 20 à 25 minutes, la zone plus étendue justifiant le grammage et la durée supérieurs. Les deux revendiquent jusqu’à 48 heures d’hydratation après retrait.
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