Valentino Eyewear, la statuaire romaine version lunettes

by PASCAL IAKOVOU
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Pour l’Automne-Hiver 2026, Valentino prolonge sa campagne Interferenze avec un nouveau chapitre consacré à l’eyewear, photographié dans un lieu qui résume à lui seul le pari esthétique de la maison : la Centrale Montemartini, à Rome.

Cette ancienne centrale électrique transformée en musée, où des sculptures antiques cohabitent avec d’imposantes machines industrielles, offre le décor d’une campagne construite tout entière sur le contraste entre statuaire classique et architecture du vingtième siècle. Placée sous la direction créative d’Alessandro Michele, elle met en scène cinq modèles entre solaire et optique, aux silhouettes affirmées : masque oversize, lignes œil-de-chat et montures géométriques composent une collection où le VLogo Valentino s’invite comme un détail à la fois structurel et décoratif.

L’équipe réunie pour cette campagne, avec la direction artistique d’Ezra Petronio et Lana Petrusevych, la photographie de Glen Luchford et le stylisme de Suzanne Koller, confirme la dimension éditoriale que la maison entend donner à ses accessoires. Loin de la simple mise en avant produit, l’exercice s’apparente à une pièce photographique à part entière, où le vêtement et l’accessoire se fondent dans un même vocabulaire visuel, celui d’une Rome à la fois antique et industrielle.

Ce choix de décor n’est pas neutre. En opposant les vestiges d’une civilisation à l’esthétique brute d’une centrale électrique, Valentino installe ses lunettes dans un temps double, celui d’un héritage assumé et d’une modernité revendiquée. La démarche prolonge une ligne éditoriale amorcée par Alessandro Michele depuis son arrivée à la direction créative de la maison, où chaque catégorie de produit, y compris les accessoires les plus fonctionnels, devient prétexte à un récit visuel dense.

Le choix d’un musée plutôt que d’un studio ou d’un décor naturel traduit également une évolution du rapport des maisons de mode aux lieux patrimoniaux romains, longtemps réservés aux tournages institutionnels ou publicitaires. La Centrale Montemartini, ouverte au public depuis la fin des années 1990, occupe une place particulière dans ce paysage : ni palais Renaissance ni ruine antique classique, elle incarne une strate plus récente et plus industrielle de l’histoire romaine, que peu de maisons de luxe avaient jusqu’ici choisi de mettre en scène avec une telle insistance visuelle.

En misant sur un décor aussi chargé de sens que la Centrale Montemartini, Valentino rappelle que l’eyewear, longtemps considéré comme un marché secondaire, peut aussi porter l’ambition artistique d’une maison tout entière.

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