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Moët & Chandon Ice Impérial : la question que la glace posait à l’assemblage

by pascal iakovou
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Cet été, la Maison Moët & Chandon signe la deuxième saison de sa collaboration avec Pharrell Williams — et choisit de mettre en avant une cuvée que beaucoup de maisons champenoises n’auraient pas eu l’audace de défendre publiquement : un champagne conçu pour être dilué.

Depuis 2010, Ice Impérial occupe une position singulière dans le portefeuille de la Maison. Non pas par ses packaging — qui se sont succédé — mais par une décision technique prise en amont de toute considération esthétique : comment élaborer un assemblage qui résiste à la dilution causée par la glace, sans perdre ni son équilibre ni son expression aromatique ?

La réponse tient dans deux paramètres. Le dosage d’abord, fixé à 45 grammes de liqueur par litre — soit plus de cinq fois le seuil d’un Brut classique. Un choix qui, dans le contexte actuel d’une Champagne largement tournée vers l’extra-brut et le zéro dosage, relève d’une certaine résistance. Ensuite, la structure cépage : 40 à 50 % de Pinot Noir pour la charpente, 30 à 40 % de Pinot Meunier pour la rondeur, 10 à 20 % de Chardonnay pour maintenir la tension — une répartition pensée pour que chacun des trois glaçons préconisés par le rituel de service vienne non pas affadir la cuvée, mais en libérer progressivement les couches aromatiques.

Ce que l’on obtient en verre : une robe dorée aux reflets ambrés, un nez sur la mangue, la goyave et la nectarine mûre, des épices douces en arrière-plan, une finale que le gingembre et les agrumes tirent vers la fraîcheur plutôt que vers la lourdeur. La sucrosité assumée du dosage ne sature pas — elle tient le champagne en équilibre face à la glace fondante.

Déshabiller la bouteille

L’édition 2026, confiée à Pharrell Williams pour la seconde année consécutive, introduit une rupture formelle : pour la première fois, Ice Impérial apparaît sans son fourreau traditionnel. La bouteille, reinterprétée visuellement, est présentée nue. Ce geste — minimal en apparence — est cohérent avec la logique de la cuvée : enlever ce qui protège pour montrer ce qui tient.

Le partenariat avec La Tarte Tropézienne, institution de Saint-Tropez, propose un accord pensé cépage par cépage. La Baby Trop’® Tropiques, garnie d’une crème à la noix de coco et d’un cœur de pêche blanche, entre en résonance directe avec les notes de mangue et d’épices douces. La Baby Trop’® Provence, à l’abricot et aux zestes d’agrume, est réservée au rosé. Le Chef de Cave Benoît Gouez a par ailleurs signé un cocktail maison — le « Spicy Mangosé », augmenté d’agave, de piment de Cayenne et de Perles de Glace Signature — qui dit, en creux, que la Maison revendique pleinement ce territoire de dégustation estival qu’une partie de la profession regarde encore de biais.

La question que pose Ice Impérial, quinze ans après son lancement, n’est pas technique. Elle est positionnelle : jusqu’où une maison de 280 ans peut-elle aller dans l’invention de nouveaux rituels sans déroger à ce qui fonde son autorité ?


Données d’assemblage

Ice Impérial : 40–50 % Pinot Noir / 30–40 % Pinot Meunier / 10–20 % Chardonnay. Dosage : 45 g/litre. Service : grand verre, trois glaçons. Ice Impérial Rosé disponible à partir de 54,90€, la cuvée blanche à partir de 46€.

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