Rimini, la perle de l’Adriatique : au-delà de la plage, une destination de strates et de saveurs
Tout le monde a une idée de Rimini. Cette idée ressemble à de la musique de discothèque, à de l’eau chaude peu profonde, à des parasols oranges plantés à intervalles réguliers sur une plage plate. Cette idée n’est pas fausse — elle est juste très incomplète. Rimini est aussi l’une des villes romaines les mieux conservées d’Italie, la capitale gastronomique de l’Émilie-Romagne côtière, et une destination qui commence à attirer une clientèle internationale qui n’est pas venue pour les boîtes de nuit.
Vingt siècles de pierre et de pont
L’arche d’Auguste, construite en 27 avant J.-C. pour commémorer les victoires de l’Empereur, marque l’entrée dans le centre historique avec une sobriété que le tourisme de masse n’a pas réussi à entamer. Le Pont de Tibère, encore en service après vingt siècles de circulation, enjambe le Marecchia avec la patience tranquille des ouvrages qui n’ont jamais eu besoin de se faire remarquer. Et le Tempio Malatestiano — cette transformation d’une église franciscaine gothique en mausolée humaniste commandé par Sigismondo Pandolfo Malatesta au XVe siècle — est l’un des monuments les plus singuliers de la Renaissance italienne, dont l’ambition formelle et symbolique n’a pas fini d’être étudiée.
Ce Rimini-là n’est pas celui des brochures estivales. Il appartient à une Italie de strates, où l’on creuse dans les siècles comme dans une pâtisserie qui n’aurait pas de fond. Federico Fellini y est né en 1920, et son oeuvre entière — ce mélange de mémoire et de fantasme, de province magnifiée et de désir inassouvi — est peut-être le portrait le plus juste de ce que la ville a toujours été en dehors de sa réputation balnéaire.
La table romagnole
La gastronomie riminaise mérite une attention particulière. L’Émilie-Romagne est la région où l’Italie mange le mieux, selon un consensus quasi-universel parmi les gens qui mangent sérieusement. Et la version côtière de cette tradition n’est pas en reste. Le piadina, cette galette de farine de blé cuite sur une pierre chaude, est à Rimini ce que le croissant est à Paris — un aliment ordinaire traité avec un soin extraordinaire. Les poissons de l’Adriatique, grillés ou en brodetto — cette soupe de poisson épicée propre à la côte romagnole — ont une qualité que les pêcheries industrielles n’ont pas encore tout à fait homogénéisée.
La Riviera qui se réinvente
L’hôtellerie riminaise a longtemps été le parent pauvre de cette proposition touristique — quantitative, fonctionnelle, orientée vers les familles et les groupes. Cela est en train de changer. Des établissements de caractère commencent à émerger, qui comprennent que Rimini a quelque chose de plus à offrir que le forfait demi-pension sur la plage. La Riviera adriatique, plus généralement, est en train de se repositionner pour une clientèle qui cherche le soleil et la mer, mais aussi la substance.
Il reste, dans le Rimini qu’on ne connaît pas encore, une promesse qui n’appartient qu’aux destinations capables de se surprendre elles-mêmes : celle d’être meilleure que ce qu’on en attendait.






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