Home ModeChez Malo, l’été masculin se construit en maille

Chez Malo, l’été masculin se construit en maille

by pascal iakovou
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Présentée à Milan, la collection printemps-été 2027 de Malo ne mise plus sur l’architecture classique du costume pour habiller la chaleur, mais sur la maille fine et le point ajouré. Une bascule technique qui en dit long sur l’avenir du vestiaire masculin d’été.

La maille comme structure, plus comme accessoire

La collection s’organise autour de constructions plus légères, de proportions précises et d’un rapport plus fluide au corps. La maille fine-gauge y côtoie le tailoring souple, les pièces d’extérieur et les fibres nobles, dans une même logique : remplacer la rigidité de la coupe par la respiration du tricot. Le point ajouré, en particulier, ne relève pas du seul effet décoratif — il fonctionne comme une aération structurelle, une façon de laisser circuler l’air sans renoncer à la tenue du vêtement.

Cette manière de construire un vestiaire d’été dit quelque chose que le communiqué ne formule pas explicitement : la maille, longtemps cantonnée au pull et à l’accessoire, devient elle-même grammaire de costume. Ce n’est plus la coupe qui porte seule la rigueur de la pièce, mais la densité et le calibrage du fil.

Le mouvement n’est pas isolé. Depuis plusieurs saisons, les collections d’été masculines desserrent l’étreinte du costume structuré au profit de pièces moins doublées, moins entoilées, plus proches du corps sans pour autant renoncer à la tenue. Ce que propose Malo va plus loin : au lieu d’alléger une construction de costume existante, la maison part directement du tricot pour bâtir une silhouette habillée, ce qui déplace la question technique du ciseau vers la machine à tricoter.

Une palette de lumière rasante

Le vestiaire se décline en crèmes délavées par le soleil, en naturels doux, en bruns de terre, rehaussés de touches d’orange saturé et de bleu marine. Cette gamme évoque moins une saison qu’une heure de la journée — celle où la lumière, basse et oblique, accentue les matières plutôt que les couleurs vives. Les fibres choisies, lin technique, soie et cachemire, prolongent cette logique : elles cherchent la légèreté sans renoncer à la matière.

Détail

Techniques : maille fine-gauge, point ajouré, tailoring souple

Matières : lin technique, soie, cachemire, fibres nobles

Palette : crèmes délavées, naturels, bruns de terre, orange saturé, bleu marine

Présentation : Milan, juin 2026 — collection printemps-été 2027

Un savoir-faire construit sur le fil, pas sur le ciseau

Malo, maison italienne installée en Toscane et spécialisée depuis plusieurs décennies dans le travail du cachemire, a bâti sa légitimité sur la maille plutôt que sur la coupe — un territoire que les maisons de tailoring classique laissent en général de côté. Cette collection confirme ce positionnement : le geste technique ne s’exprime plus uniquement dans la coupe, mais dans le calibrage de la machine à tricoter et la densité du fil. Associer ce savoir-faire à des pièces d’extérieur et à du tailoring souple, comme le fait cette collection, revient à faire entrer la maille sur un territoire — la silhouette habillée — qu’elle occupait jusqu’ici en marge.

À mesure que les étés se réchauffent et que les codes vestimentaires masculins se relâchent, cette manière de construire — plutôt que de tailler — pourrait bien devenir la référence, et non l’exception.

Reste à savoir jusqu’où la maille peut repousser la frontière du costume sans en perdre la tenue. La réponse ne se jouera pas dans un défilé, mais dans l’usage : un vêtement en maille fine tient sa promesse de légèreté s’il résiste aussi à l’assise, au pli, à la chaleur d’une terrasse en fin de journée — autant d’épreuves que la passerelle ne montre jamais, et que seule la prochaine saison permettra de vérifier.

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