Home VoyagesOrient Express Sailing Yachts amarre le Festival de Cannes à son imaginaire du voyage

Orient Express Sailing Yachts amarre le Festival de Cannes à son imaginaire du voyage

by pascal iakovou
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Il y a toujours eu, à Cannes, une fascination pour les objets qui traversent le temps sans perdre leur pouvoir de projection. Les voitures changent, les silhouettes aussi, mais certaines apparitions continuent d’organiser le regard collectif. Cette année, dans la baie, ce rôle revient à un voilier de 220 mètres.

À l’occasion du 79e Festival de Cannes, Orient Express Sailing Yachts devient partenaire officiel de la manifestation et installe l’Orient Express Corinthian au large de la Croisette. Plus qu’une opération d’image, cette présence marque surtout une étape stratégique dans la transformation d’Orient Express en maison globale du voyage contemporain.  

Le choix de Cannes n’a rien d’anecdotique. Le Festival reste l’un des rares événements culturels où le luxe conserve encore une fonction cérémonielle. Pendant douze jours, la ville devient un théâtre temporaire où se rencontrent cinéma, diplomatie culturelle et industries créatives. Orient Express s’y inscrit naturellement : même rapport à la mise en scène, même promesse de déplacement mental avant même le départ réel.

Le Corinthian inaugure surtout un nouveau territoire pour la Maison. Long de 220 mètres, gréé de trois mâts et propulsé grâce à la technologie SolidSail développée avec les Chantiers de l’Atlantique, le voilier appartient à cette génération d’objets hybrides qui cherchent à réintroduire une idée de lenteur dans l’industrie du voyage.   Là où l’hôtellerie contemporaine valorise encore souvent la vitesse, l’optimisation ou l’hyper-connectivité, Orient Express tente autre chose : reconstruire un récit du déplacement.

La technologie SolidSail participe de cette ambition. Développé à partir des recherches menées dans la course au large, le système repose sur trois mâts inclinables de plus de cent mètres portant une voilure de 1 500 m². Dans certaines conditions météorologiques, la propulsion peut être assurée à 100 % par le vent.   L’enjeu est évidemment environnemental, mais aussi symbolique : réhabiliter la voile comme langage esthétique dans un secteur dominé par les paquebots énergivores et les yachts démonstratifs.

Les intérieurs signés Maxime d’Angeac prolongent cette logique patrimoniale. Directeur artistique d’Orient Express depuis 2022, l’architecte français développe une vision du luxe où l’histoire sert moins à reproduire le passé qu’à restaurer une continuité culturelle. Sur le Corinthian, cela se traduit par une esthétique qui emprunte autant aux grands trains transcontinentaux des années trente qu’à l’architecture navale contemporaine.  

Depuis plusieurs années, le groupe Accor transforme progressivement Orient Express en plateforme d’art de vivre. Après l’ouverture de l’hôtel La Minerva à Rome et le lancement de La Dolce Vita Orient Express sur les rails italiens, le développement maritime apparaît comme une extension cohérente.   En 2024, le partenariat stratégique conclu entre Accor et LVMH a confirmé cette volonté de repositionner Orient Express non plus comme une référence nostalgique, mais comme une maison culturelle capable d’orchestrer hôtels, trains et expériences maritimes sous un même imaginaire.  

Dans la baie de Cannes, le Corinthian agit finalement comme un décor actif. Visible depuis la Croisette pendant toute la durée du Festival, sa silhouette rappelle que le luxe contemporain ne repose plus uniquement sur la rareté matérielle. Il repose désormais sur la capacité à produire une narration cohérente entre patrimoine, technologie et désir d’évasion.

Et dans une époque saturée d’images immédiates, un trois-mâts silencieux au large de Cannes possède peut-être encore plus de puissance qu’un tapis rouge.

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