Romano Ricci, fondateur et directeur artistique de la Maison Juliette has a gun, propose une rupture avec les codes conventionnels de la parfumerie de niche. Avec Banana Rush, l’enseigne parisienne s’attaque à la banane, un fruit jusqu’ici cantonné aux registres ludiques ou enfantins, pour en proposer une lecture sensorielle éduquée et profonde.
Une composition de contrastes
L’architecture de cette création repose sur un équilibre entre la douceur immédiate du fruit et des matières premières à forte densité. La note de tête, un accord de banane mûre, est immédiatement structurée par l’apport du sirop d’érable. Ce duo s’efface ensuite pour révéler un cœur solaire où la noix de coco onctueuse rencontre la fleur de frangipanier, avant de s’ancrer dans une base de bois de santal et de vanille.
Cette construction transforme un ingrédient perçu comme ordinaire en un objet olfactif complexe. Le résultat n’est plus un simple parfum gourmand, mais une pièce de caractère qui joue sur la matérialité de ses composants pour offrir un sillage à la fois velouté et sophistiqué.
L’esthétique du burlesque sérieux
Le lancement de Banana Rush s’accompagne d’un univers visuel singulier. Puisant dans l’esthétique de Wes Anderson — sa symétrie méticuleuse et son sens de l’absurde — la campagne publicitaire met en scène les personnages Ben et Ana dans un cadre volontairement trop luxueux pour être totalement sérieux.
Cette approche, qualifiée par la Maison de « luxe feel-good », se retrouve dans le design de l’objet. Le flacon en verre dépoli arbore un dégradé allant du blanc crème au jaune doré, couronné d’un capot en argent brillant qui vient souligner la dimension premium de cette proposition burlesque.






Détail technique * Objet : Banana Rush (Eau de Parfum) * Famille : Gourmand Solaire * Notes clés : Banane, Sirop d’Érable, Bois de Santal, Fleur de Frangipanier * Contenances : 50ml (105€) et 100ml (145€) +4
Par cette genèse, Juliette has a gun confirme sa capacité à transformer le narratif d’un produit en un héritage culturel contemporain, prouvant que l’exigence technique peut s’allier à l’espièglerie sans perdre en justesse.

