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CHRISTIAN DADA SS20

by pascal iakovou
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A l’aube de célébrer ses dix ans de création, Masanori Morokawa se replonge dans son histoire personnelle et revisite les traditions ancestrales japonaises du pèlerinage, baignant sa collection Christian Dada printemps-été 2020 d’une grâce nouvelle.

Originaire de la région de Kagawa sur l’ile de Shikoku, Morokawa s’est ainsi reconnecté à l’environnement serein de son enfance et a entrepris de faire le célèbre pèlerinage régional qui chemine le long de 88 temples Bouddhistes.

Cette quête spirituelle, jadis accomplie à pieds, fut le point de départ d’une collection qui revisite les traditions et son histoire intime.

Ces notions s’expriment tout particulièrement dans l’interprétation contemporaine que Morokawa a faite de tenues traditionnelles du pèlerin.

Des vestes inspirées de kimono sont élaborées avec des détails de manches de blouson et sont portées avec de larges bermudas et des chapeaux coniques recouverts d’un tissu coordonné. Une douce ambiance tropicale émane de ces interprétations des tenues asiatiques qui se lient dans les chemises, portées sur des pantalons sombres ou sous des pièces de sportswear.

Les chemisettes d’été aux airs de chemises Hawaiienne, sont imprimées des photos de fleurs d’amaryllis, symboliquement associées au deuil, créées en collaboration avec Nobuyoshi Araki, inscrivant un nouveau chapitre dans la longue histoire qui lie l’artiste et le designer.

Les accents techniques inspirées des vêtements de sport et de randonnées sont repris sur des pièces habillées aux détails de constructions inspirés des kimonos, ou sur les blousons et parkas brodés de discrets motifs géométriques qui reproduisent les dessins graphiques trouvés sur les tissus d’ameublement traditionnels de la région de Kagawa. Une laine froide de costume reprend la trame renforcée d’un tissu « ripstop » qui sert généralement à couper les vêtements militaires.

Une broderie en relief, inspirée de techniques artisanales locales, sert à dessiner des formes de paysage abstrait sur les chemises en coton, et répètent leur motif en miroir sur les larges volumes rouges et noires de pulls en maille instarsia.

Des grandes fermetures zippées courent le long des vestes et pantalons de denim noir ou sous les manches d’un pull de maille à la surface déperlante, leurs volumes s’ouvrant librement.

Questionnant continuellement les notions de vie et de mort dans ses collections, le discours mystique de Morokawa culmine dans les tenues d’un final qui se parent d’un impressionnant maquillage organique fait de coquillages et de bois, ou d’effets spéciaux qui reproduisent les silhouettes aux multiples bras et visages des dieux Senju Kannon et Ashura.

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