Home Mode Haute Couture Printemps/Été 2018/2019 À l’aube d’une nouvelle espèce ?

Haute Couture Printemps/Été 2018/2019 À l’aube d’une nouvelle espèce ?

by Manon Renault
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Pré-Couture/ Avant-Propos

Pourquoi n’y a t-il pas de défilés mixtes: une question que personne ne pose en période haute-couture. Comme s’il était évident que cette semaine soit uniquement dédiée aux femmes. Elles, ces créatures frivoles et avides de luxe, ont le vice du beau vêtement, du luxe, de la luxsure. Encore des noeuds, du satin quelques couches de tulles : voit-on encore mes boucles d’oreilles en diamant. Tout ce qui brille, pour un déjeuner chez Tiffany à la recherche d’un milliardaire. La haute-couture fait partie des mythes de ce qu’est Paris : savoir-faire et rêve. Un rayonnement à l’internationale qui met des paillettes dans les yeux : les couturiers évoquent fréquemment la couture parisienne comme un rêve d’enfant. Au fil du temps le secteur évolue, notamment sous les coups de la démocratisation du prêt-à porté. Aujourd’hui la femme est-elle toujours le seul avenir de la haute-couture ?

Au début des années soixante Marcel Boussac évoque la haute-couture comme :« un phare qui éclaire le monde ». Réservée à une petite élite fortunée, son côté inaccessible à quelque peu déconnectée la haute-couture de son rôle de guide au fil du temps. Aujourd’hui elle reprend de la place : mais les thèmes on t-ils évolués ? Ou le public a-t-il besoin de conserver cette image d’un vêtement de luxe précieux, donc scintillant porté par Madame lors de galas d’exceptions. La Haute-Couture :un secteur qui semble fondé et entretenu autour de l’idée de l’existence d’un male gaze. Soit une réflexion de la définition de les femmes la femme du point de vu masculin. Se laisser envelopper par les fantasme d’une Marilyn, dépensière glamour : devenir un parfait accessoire. Tous les hommes n’en sont pas là : ce n’est pas le propos. Mais la haute-couture s’entretient sur ces carcans, ou les paradoxes d’une femme à la fois chic et sexy, mère et amante, vierge et putain doivent s’incarner.

 S’il est vrai que la haute-couture est souvent associée aux rêves : comment la femme s’en échappe t-elle ?  Quelles sont les collections qui libéreront les femmes ? Une bien grande question pour cette semaine de Haute Couture.


Pour cette première journée c’est dans une ambiance animalière que la Haute-couture s’est ouverte. La créatrice néerlandaise, Iris Van Herpen propose une fois de plus un travail audacieux. Une inventivité débordante, au service d’une réflexion profonde sur les différentes barrières de notre époques. Pour cette collection, Iris Van Herpen s’est fondé sur «  les dessins du chaos et de l’ordre, de la nature et de la civilisation se fondant dans des hybridations infinies ». Dans la même lignée, Yuima Nakazato à proposé un défilé performance, plaçant les avancées techniques faite par l’homme comme thématique centrale. Une collection qui pense avec les évolutions, ce qu’ont étaient les avancés. Tout cela se traduit dans des pièces blanches évoquant les costumes de cosmonautes. Chez Antonio Grimaldi c’est un autre passé qui a été revisité, celui des guerrila dans la jungle avec une première partie du défilé autour d’une palette kaki.

Des présentations qui se transforment en véritable performance : Flora Miranda a notamment travaillé avec Iris Van Herpen et présentait pour la première fois une collection dans le cadre de la semaine de la Haute couture. Une créatrice qui veut faire bouger les conventions  et envisage le corps comme « une simple donnée(…)que l’on peut envoyé par mail »

À d’autres créateurs d’autres costumes: des nymphettes en fleur pleine de tulles habitaient les décors de Ralph & Russo et Giambattista Valli.

 

Elisa Schiaparelli : le piège à insecte

Elisa Schiaparelli était amie des artistes, et artiste elle aussi. Cette collection rend hommage à tout l’audace de cette femme en réarticulant à la lueur de 2018, les motifs si chers à la créatrice. Une féminité plurielle, qui si à première vue se laisse mettre en cache n’en aie pas moins chasseuse.

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Christian Dior : Hitchcock, les surréalistes et leurs femmes iréalistes

Les femmes Christian Dior ne sont pas prisonnières d’un grand metteur en scène qui les fantasmeraient en robe de cocktail. Elles ne sont pas non plus les passives inspirations d’un peintre de génie qui les défiguraient au grès de ses oeuvres. Ce ne sont plus des muses : elles ont fait de leurs costumes de scènes des parures de rêves. Une collection riche dans un décor à en faire pâlir les studios hollywoodiens.

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Proenza Schouler : la peau comme ultime barrière

Une femme guerrière, mais non prisonnière d’un fantasme mi-princesse, mi-Tomb-Raider était proposée chez Proenza Schouler. Une collection qui rassemble à la fois des inspirations tribales et des manteaux précieux, seconde peau. Enfermer la femme : plutôt lui donner du pouvoir avec une allure résolument moderne.

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Tiens, chez Yumi Katsura les hommes aussi ont le droit d’être habillés.

Yumi Katsura

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