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MAISON JOHN GALLIANO, AH17

by pascal iakovou
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MAISON JOHN GALLIANO AH17 : Un regard intime sur la décadence
Inspiré de l’élégance excentrique de la Marquise Luisa Casati (1881-1957), le directeur artistique Bill Gayten tisse sa vision, entremêlant les fils d’un temps perdu à la reformulation, radicalement contemporaine, du savoir-faire français… Effets de matières et brillances ponctuent la collection, qui évolue entre tailleurs aux sombres accents et robes fluides. Un jeu entre austérité et sensualité qui trouve son point d’équilibre avec une série d’ensembles en velours ou crêpes somptueux, à associer et dissocier en toute facilité. Les luxueux imprimés floraux – jacquard chrysanthème, motif iris dévoré… – se superposent, comme autant d’esquisses d’une époque disparue. Ailleurs, micro-perles de bois italiennes, astrakan, poil de chèvre viennent créer la surprise. La palette de lilas, vert sauge, pétrole et rouille – souvent déployée en monochrome – évoque le décor des salons Belle Epoque. Le lilas, en particulier, est utilisé en contrepoint graphique et contemporain du noir. Partout, le savoir-faire d’exception se manifeste, comme avec ces smocks surdimensionnés soulignant un décolleté ou l’arrière d’une veste, clin d’œil à l’allure victorienne. Au détour d’un pantalon, d’un drapé, les coutures s’incurvent, se parent d’une ondulation – accident volontaire qui vient twister la coupe en biais signature de la Maison. Un col plissé, comme décalqué d’une superposition de pétales, renforce encore l’héritage couture de cette collection. Et parmi les robes, se détache ce motif de perles tubes, inspiré du « Salomé » illustré par Audrey Beardsley: un résumé saisissant de l’esprit fastueux et fantasque de la saison.
Avec leurs bouts carrés, boucles surdimensionnées et teintes assorties, les bottes et souliers de la saison apportent à la silhouette la juste dose d’assurance et de références historiques. Les sacs en velours, dont les poignées en corde sont modulables, jouent aussi du contraste entre tradition et insolence, entre porté sage ou plus nonchalant. Signées Stephen Jones, les parures de tête en poil de chèvre constituent le clin d’œil final à la spectaculaire « Marchesa Casali ».
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